Le raton laveur envahit la Belgique

J.C. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Ne vous étonnez pas si vous croisez sa bouille attachante au détour d'un sentier... Le raton laveur est de plus en plus présent en Belgique, principalement dans les vallées ardennaises. Et l'expansion du petit animal, qui n'est pas une espèce indigène, commence à inquiéter les experts de la biodiversité.

Considéré jusqu'à présent, comme une espèce en voie de naturalisation à surveiller, il est de plus en plus vu comme une menace pour la biodiversité. "Il a notamment un impact sur les batraciens et les oiseaux qui nichent au sol. Et, plus grave, sur les moules perlières, qui sont déjà une espèce menacée en Belgique. Et nous pouvons penser que plus la population est importante, plus la prédation sera forte... Il y a des indices qui laissent croire à des dégâts importants dans les années à venir", explique Etienne Branquart, représentant du forum sur les espèces invasives en Belgique.

Un raton laveur citadin

La nuisance du raton laveur ne se limite pas à la nature. Dans les villes, le petit mammifère se sent comme chez lui. A l'image du raton laveur espiègle et chapardeur du film "Nos voisins les hommes", il aime aller se servir dans les poubelles et jusque dans les garde-manger.

En Allemagne, pays d'Europe où il est le plus répandu, le problème est tel que de nombreux habitants se sont équipés de dispositifs anti-ratons laveurs. Il y a quelque temps, un hôtelier de Kassel, qui, chaque nuit, recevait la visite de ces petits mammifères dans son grenier, témoignait : "J 'ai replacé les tuiles qu'ils avaient enlevées une fois, deux fois, trois fois... J'ai mis la musique à fond. Mais ils semblent être sourds. Finalement, j'en suis arrivé à la conclusion que c'était moi ou eux".

Une question à trancher

Aujourd'hui, l'Allemagne compterait entre 100 000 et un million d'individus. Et cette explosion de la population semble contaminer la Belgique voisine. Car, si le premier raton laveur a été observé en 1986 dans nos contrées, l'espèce s'est fortement accrue ces dernières années. "Il y a eu une forte expansion. Nous retrouvons de plus en plus d'indices, comme des animaux morts ou des traces le long des rivières...", précise Etienne Branquart.

La question se pose donc : que faire du raton laveur ? Doit-on arrêter son expansion ? Le Conseil de l'Europe, lui, a déjà tranché, puisqu'il a classé le raton laveur dans la liste des espèces qui présentent une menace pour la biodiversité, et dont l'éradication est fortement recommandée...

Mais en Région wallonne, rien n'est encore décidé. "On envisage différentes techniques pour les capturer et réguler la population. On les attraperait vivants et puis, on ne sait pas encore ce qu'on en ferait... C'est encore en discussion. Mais probablement qu'ils seraient détruits", indique Etienne Branquart.

Mais, à la Division de la nature et des forêts de la Région wallonne, on préfère ne pas s'exprimer. La position officielle est que la question n'est pas encore tranchée... Alors, le raton laveur, espèce nuisible à éradiquer, ou petit animal inoffensif ? Le sujet est, paraît-il, trop délicat...

(st. )

© La Libre Belgique 2007
J.C.

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