Belgique

Le terrorisme n’est pas une arme nouvelle. Le djihad n’est pas un concept récent. Leur association avec la quête délibérée de la mort est une nouveauté que l’on retrouve dans la nouvelle génération de djihadistes.

C’est le constat de départ du spécialiste de l’islam Olivier Roy qui en tire des conséquences dans “Le djihad et la mort”. Certains de ces terroristes cherchent la mort dans une confrontation avec la police comme les Kouachi. Comme au Bataclan. Ou encore en se faisant exploser comme Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui à Zaventem, une heure avant que Khalid El Bakraoui en fasse de même à Maelbeek.

Deux complices ont vraisemblablement renoncé au dernier moment  : Mohamed Abrini, “l’homme au chapeau” qui a quitté l’aéroport à pied et Osama Krayem qui n’est pas monté dans une rame de métro et est retourné à sa planque de la rue des Casernes.

Ne pas trembler face à la mort

Dans quel état d’esprit sont ces hommes qui “cherchent la mort”  ? Un enquêteur, qui a vu les vidéos de Zaventem, témoigne que l’un des kamikazes avait le sourire, n’a pas cillé et ne paraissait pas le moins du monde anxieux.

Un texte, écrit deux jours avant les attentats sur l’ordinateur abandonné par les terroristes alors qu’ils partent pour Zaventem, atteste du mode de pensée de ces terroristes. Son auteur est Khalid El Bakraoui.

Comme il est d’usage dans cette “littérature”, le texte débute par un “Louange à Allah”. Il oppose son Dieu au “chaytane” (diable des musulmans), qui cherche à tromper le croyant dans son chemin vers la mort et le paradis. “Est-ce le paradis qu’ils fuyaient  ? Est-ce un paradis large comme les cieux et la terre qu’ils fuyaient pour l’étroitesse de cette vie-ci !”, écrit-il de ceux-ci qui renoncent à mourir en martyr.

Le terroriste narre un de ces rêves. Il était avec deux autres hommes sur un bateau. Ils avaient chacun un otage. Il explique, qu’avec son otage il se précipite sur deux soldats et déclenche sa ceinture explosive. “Puis ma tête est arriver dans une terre, le sheih adnani et abou ahmed, ont pris ma tete, puis ont dis il sourit ou pas. a ce moment j’ai vu l’ame des trois personnes que j’avais tuer devant moi, ils disaient quel jour heureux, la j’ai commence a avoir peur, pensant que j’etais dans le faux”, écrit-il dans ce texte truffé de fautes ortographiques. Il fait référence à El Adnani, chef des opérations extérieures de l’EI et à l’homme – qui pourrait être le Belge Oussama Atar – qui est leur contact à Raqqa.

Religion et jeu vidéo

Il poursuit sur un mode typique des jeux vidéo : les âmes des victimes ont brûlé avant de disparaître, l’étendard de l’islam est sorti de terre. Il a vu une lumière au ciel. C’était Allah : “Mon ame est devenu une boule de lumière il m’a dit oh mon serviteur, aujourd’hui ta delivrance”.

Il explique s’être réveillé, le cœur battant. Il dit qu’il a demandé à quelqu’un, vu en Syrie, d’interpréter son rêve. Ce voyant lui a dit que  : “C’est que je vais participer a une grosse operation qui va reussir et trouver le martyr.”

La boucle était bouclée…

© DR
© DR