Belgique

Depuis que les voyages en avion se sont généralisés, il est de coutume que le Roi des Belges et le premier héritier dans l'ordre de succession à son trône ne voyagent pas dans le même engin, qu'il s'agisse de déplacements privés ou publics. Cette tradition, qui ne s'appliquerait qu'aux transports aériens, n'est pas spécifiquement belge. Le président américain et d'autres monarques suivent la même logique. "C'est une simple question de bon sens, que Philippe et sa fille Elisabeth suivent aussi" assure le service presse du palais royal. Qui tient à préciser que, contrairement à ce qu'ont déclaré certains media, la princesse Elisabeth n'a donc pas voyagé dans le même avion que son père lors du départ de la famille en vacances, hier. Il s'agit d'assurer la continuité du trône, au cas où un accident surviendrait lors du vol.

Le porte-parole du Palais ajoute par ailleurs que le roi Philippe est parti mardi à bord d'un avion militaire - comme il le fait toujours, pour des raisons de sécurité - tandis que le reste de la famille - le reine Mathilde et les enfants - sont partis la veille, à bord d'un avion civil, aux frais de la famille royale. Certaines rumeurs relayées par les media font état mercredi de deux vols militaires, mais il n'en est rien, insiste le porte-parole.

Dans d'autres monarchies également, le Roi et son premier successeur voyagent séparément, selon Christian Koninckx, professeur à la Vrije Universiteit Brussel. "En Suède, il est même prévu que quand le souverain quitte le pays, son héritier (ou héritière) doit y rester et devient 'régent' pour la durée du déplacement. Ce genre de mesure était surtout utile quand les voyages se faisaient par exemple par bateau et pouvaient durer très longtemps", explique le professeur.

Aujourd'hui, l'idée que des dirigeants importants d'un même pays ne courent pas le risque de passer l'arme à gauche de concert s'est étendue bien au-delà des monarchies. Le président américain et son vice-président prennent l'avion séparément. Et les ministres belges? "Je pense que par prudence, ils éviteraient autant que possible de voler tous dans un même engin", confie Christian Koninckx.