Belgique

"Le Samusocial confirme et prend acte de ce que (l'ancienne directrice) Pascale Peraïta conteste son licenciement pour motif grave devant le tribunal de travail", indique l'asbl ce mardi par la voix de son avocat Me Olivier Rijckaert.

Pascale Peraïta exige des indemnités de licenciement à hauteur de 290.000 euros brut devant le tribunal du travail. L'affaire sera introduite mardi prochain (27 mars) devant le tribunal du travail de Bruxelles, a confirmé l'avocat. Les plaidoiries auront lieu ultérieurement. "Le tribunal tranchera, en principe dans l'année, dans deux ans en cas d'appel."

"C'est une procédure extrêmement courante dans le cadre d'un licenciement pour motif grave", a ajouté Me Rijckaert. "La toute grande majorité des travailleurs contestent en effet a posteriori devant le tribunal de travail le motif grave." Celui invoqué par le Samusocial "portait sur des abus de biens sociaux, découverts à la suite d'un audit approfondi commandé par le nouveau conseil d'administration en place", a précisé l'avocat.

"Avant l'introduction de cette procédure, le Samusocial n'est pas resté inactif", a-t-il poursuivi. "Le Samusocial s'est déjà constitué partie civile, en décembre 2017, contre Mme Peraïta et contre X dans le cadre de la procédure pénal ouverte par le parquet, en vue d'obtenir le dédommagement estimé de tous les préjudices financiers et moraux causés par Mme Peraïta."

120.000 euros de jetons de présence

"En exécution des recommandations de la commission d'enquête du parlement bruxellois, le Samusocial a aussi préparé une requête en justice afin d'obtenir le remboursement des quelque 120.000 euros perçus indûment au titre de jetons de présence. Celle-ci sera déposée cette semaine au tribunal." L'asbl veut aussi réclamer le remboursement des jetons de présence des autres membres de l'ancien bureau.

60.000 euros de dédommagements

Enfin, le Samusocial veut obtenir des dédommagements à hauteur de 60.000 euros suite "au dommage matériel et moral subi par la chute de 30% des dons en un an." Selon le porte-parole de l'asbl, cette baisse des dons s'est ressentie très rapidement à l'opérationnel après l'éclatement de l'affaire. Plusieurs CDD n'ont pas été renouvelés en juin dernier. L'équipement mobile d'aide a également été impacté et la maraude de soirée auprès des sans-abri ne peut plus être garantie chaque soir. Enfin, le centre MediHalte, qui offre un hébergement médicalisé à des personnes sans-abri dont l'état de santé nécessite des soins médicaux habituellement dispensés à domicile, voit son avenir compromis.

Pascale Peraïta a aussi assigné la Cocom (Commission communautaire commune). L'avocat y voir une "stratégie visant à avoir un deuxième débiteur potentiel au lieu d'un seul."