Belgique

Dans son édition de jeudi, Paris Match publie une enquête fouillée sur les dessous de la chasse au sanglier en Wallonie. Au cours de la dernière décennie, l'emblème des Ardennes a vu sa population exploser, à tel point que l'on recense quelque 25 000 individus actuellement.

Les sangliers courent les bois, dévastent les cultures, ravagent les propriétés privées et vont même jusqu'à s'aventurer dans les villes. Carlo Di Antonio, le ministre wallon de l'Agriculture (en charge de la forêt), a lancé fin 2012 un plan destiné à réduire d'un tiers dans les trois ans la population excédentaire de sangliers. Les raisons le plus souvent évoquées pour expliquer la prolifération de l'animal dans les massifs ardennais sont les hivers moins rigoureux et les fructifications forestières plus abondantes. Paris Match jette une lumière crue sur la pratique du nourrissage intensif, organisé à grande échelle, sur de vastes domaines gérés par d'importantes sociétés de chasse.

Selon l'hebdomadaire, ces dernières ont transformé le sanglier en un capital à protéger et à faire fructifier aux fins de rentabiliser des locations de de chasse dont les tarifs fixés par les communes ont explosé. On découvre que la chasse qui se pratique sur ces domaines n'est plus un art, que les sangliers qui y sont engraissés servent de chair à canon, et que des chasseurs actionnaires prennent part à des battues qui s'apparentent à des carnages.

D'après l'enquête, ce phénomène expliquerait pourquoi le sanglier ne prolifère pas uniformément dans toute l'Ardenne, mais à certains endroits, devenus ce qu'un ex-agent DNF et ancien garde-chasse appelle des "chancres cynégétiques".