Belgique

Emir Kir (PS), secrétaire d'État bruxellois en charge du Patrimoine et des Monuments et Sites, s'est exprimé après que dimanche, le ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS) l'a invité à dire si oui ou non il a signé une pétition remettant en cause le génocide arménien (LLB 27/11).

Dans sa réponse, M. Kir explique que son nom et sa signature figurent sur "la copie d'un extrait d'une pétition niant le génocide arménien", mais qu'il "n'a aucun souvenir d'avoir signé pareil document". Il ajoute que "cela lui paraît inconcevable" et que le contenu de la pétition "ne correspond en rien aux opinions qui sont les miennes". Un "ni oui ni non" qui ne répond cependant pas clairement à M. Picqué.

Ce n'est pas la 1e fois que le secrétaire d'Etat d'origine turque est mis sur la sellette quant à son opinion envers le génocide des Arméniens par les Turcs en 1915. En mai 2004, d'aucuns l'ont accusé d'avoir participé à une manifestation menée sous le mot d'ordre "Rejetez les affirmations de génocide", ce qu'a toujours réfuté M. Kir, arguant qu'il y a pris part sous le mot d'ordre de l'adhésion de la Turquie à l'Europe. Il a d'ailleurs engagé une procédure devant les tribunaux. "J'ai toujours affirmé que les Arméniens avaient été victimes de massacres et de déportations atroces (...). Je comprends que ces faits puissent être qualifiés de génocide, mais ce n'est pas le rôle d'un responsable politique de décider de la pertinence de cette qualification", affirme M. Kir. Il a demandé à son avocat de solliciter la production de l'original de la pétition et sa version complète. Selon lui, dès que toutes les informations auront été réunies, il pourra démontrer avoir été "victime d'une déplorable manoeuvre de déstabilisation". Reste à espérer qu'il ne souffrira plus d'autre trou de mémoire...

© La Libre Belgique 2006