Belgique

La Belgique va célébrer ce lundi, sans doute dans l’indifférence générale, le centenaire de l’introduction du service militaire obligatoire, en vertu d’une loi signée le 14 décembre 1909 par le roi Léopold II, trois jours avant sa mort. Une obligation qui a vu des millions de miliciens servir, pour des durées souvent fluctuantes, sous les drapeaux jusqu’à sa suspension, en mars 1995, lors de la professionnalisation des forces armées.

C’est cette loi qui a permis à l’armée belge de compter quelque 255 000 hommes le 4 août 1914, au début de la Première Guerre mondiale. A ce moment, la durée du service "personnel" variait entre 15 mois (pour l’infanterie) et 24 mois pour la cavalerie et l’artillerie à cheval pour "un fils par famille". Jusqu’alors, le service militaire était fondé sur un tirage au sort, hérité à l’indépendance de 1830 des occupations française et hollandaise. Chaque province devait fournir un nombre précis de conscrits, en vertu d’un contingent voté annuellement par le Parlement. Le tirage avait lieu chaque année en février et il était possible pour celui qui avait tiré un mauvais numéro de se faire remplacer par un autre jeune homme Moyennant paiement, souvent par l’intermédiaire de sociétés spécialisées.

La durée du service a connu au cours des 86 années suivantes de constantes fluctuations, souvent liées à la situation internationale. En 1920, après la Première Guerre mondiale, elle est ainsi rapidement réduite de 10 à 13 mois selon les armes, pour tomber à 8 mois en 1928 pour certaines catégories de miliciens. En 1936, la période sous les armes remonte à 12, voire même 18 mois pour certaines classes de milice et à 17 mois pour les candidats gradés de réserve. En février 1947, les miliciens servent de 12 à 15 mois (pour les officiers de réserve). Mais la tension internationale d’après-guerre et le conflit en Corée entraînent à nouveau un allongement du service à 21 mois pour la classe 1953, avant une réduction progressive. Le 9 février 1995, le Conseil des ministres décide de renvoyer dans leurs foyers dès le 1er mars suivant tous les miliciens encore sous les armes, mettant fin à 86 ans d’obligations militaires pour les jeunes gens - même si un seul sur deux seulement effectue encore alors son service. (Belga)