Le VLD vire progressiste et pluraliste

Olivier Mouton Publié le - Mis à jour le

Belgique

Le paysage politique flamand a connu un nouveau basculement dans la nuit de lundi à mardi. Réunis dans un restauroute pour discuter des déclarations du ministre flamand Bert Anciaux invitant à un cartel électoral de Spirit avec le SP.A, les cadres de l'ancienne aile progressiste de la Volksunie ont décidé d'aller seuls aux élections. Ce samedi, à Merelbeke, un conseil général du parti devrait en principe confirmer l'option.

Mais ce n'est à l'évidence pas au goût de tout le monde. Plusieurs élus ont fait savoir qu'ils refuseraient de poursuivre l'aventure. Margriet Hermans, députée flamande et vedette de la TV, a déjà franchi le pas. Trois autres devraient suivre: l'ancien président de la VU et sénateur Patrik Vankrunkelsven, le sénateur Vincent Van Quickenborne et l'ex-président Fons Borginon, le plus hésitant. Sans compter, bien sûr, des élus locaux.

Pour un libéralisme ouvert

Avant de franchir le pas, une déclaration commune proclamera la ligne que le VLD suivra à l'avenir. Un document important dans la perspective du `vaste parti populaire´ que le président libéral Karel De Gucht annonce depuis des mois.

Le premier volet de ce texte précise la substance philosophique de la démarche. A savoir, en clair: le VLD prône un libéralisme ouvert, réformateur, s'oppose à tout conservatisme et dépasse l'opposition traditionnelle gauche-droite.

Le second volet est plus délicat puisqu'il se prononce sur des thèmes concrets. La globalisation, par exemple, avec une ouverture réelle aux thèses de Spirit plus `altermondialistes´ : le VLD encourage la création d'une Organisation sociale mondiale. L'enseignement, avec une approche davantage pluraliste et ouverte. L'immigration, avec le rejet des exclusions même si le droit de vote pour les étrangers non-Européens reste un abcès de fixation.

Des noeuds doivent encore être tranchés. Ainsi, la volonté de régionaliser les soins de santé semble acquise par tous, mais on se chamaille au sujet de l'opportunité d'une privatisation. Le sénateur Patrik Vankrunkelsven, surtout, met en garde contre les dérives vécues en Angleterre ou aux Pays-Bas. Il interviendra ce samedi à Bruxelles lors d'une journée d'études VLD-NCD consacrée précisément à la santé.

Selon toutes vraisemblances, le contenu du document sera rendu officiel ce vendredi. Les libéraux, il est vrai, sont pressés d'aboutir. Ils savent que les ballets et autres psychodrames contés chaque jour dans la presse flamande donnent une image désastreuse de la politique.

© La Libre Belgique 2002

Olivier Mouton

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