Belgique

Rétrograde, ultra-conservateur le libéralisme ? En ces temps de net réchauffement du climat politique pour cause de proximité(s) électorale(s), le Centre Jean Gol appuyé par le Forum libéral européen a sorti sous la houlette de Corentin de Salle le troisième tome de "La Tradition de la Liberté", entendez "une synthèse des textes majeurs de la tradition libérale". Dans les premiers tomes, le Pr de Salle avait dressé un large éventail de grands penseurs du libéralisme. Avec des textes sur, autour et de grands anciens comme Etienne de la Boétie, Adam Smith, Edmund Burke, John Locke, Stuart Mill, Tocqueville, Montesquieu mais débouchant aussi sur les contemporains tels Karl Popper, Friedrich von Hayek ou encore Milton Friedman. Le troisième volume synthétise dix ouvrages majeurs sur le libéralisme parus au cours du dernier siècle.

Aider à juger sur pièces

"Notre trilogie" explique Corentin de Salle "entend constituer une sorte de corpus du libéralisme, question de permettre aux libéraux de retourner à leurs fondamentaux mais aussi de permettre à ceux aiment juger et condamner le libéralisme de juger sur pièces plutôt que sur des préjugés ou des malentendus"

Le coordinateur entend aller à l’encontre des caricatures.

Le néolibéralisme ? "C’est un agrégat de propositions caricaturales, contradictoires, d’idées déformées… Ainsi Friedman et Hayek sont mis dans leur camp alors qu’ils ne sont que des libéraux !"

La dernière crise, celle du capitalisme ? "Non, la crise financière de 2007-2009 est plutôt une crise de la social-démocratie. Il est aussi faux de dire que le secteur bancaire et financier n’est pas suffisamment réglémenté, c’est tout le contraire…" Mieux, sur plus d’un terrain, le libéralisme va à l’encontre des thèses qu’on lui prête. "Ainsi en matière d’immigration, les penseurs libéraux disent que celle-ci ne détruit pas les richesses du pays d’accueil". Place donc à une immigration ouverte ? Oui, les vrais libéraux ne peuvent qu’être outrés par ce qui se passe à Lampedusa ou à la frontière américano-mexicaine.

Et l’auteur de se lancer dans une démonstration sur les vertus de l’immigration nécessaire tout comme il coupe les ailes du canard qui lie le libéralisme au capitalisme sauvage : "la vraie pathologie ici est le capitalisme de connivence".

Il plaide aussi en passant pour "une réelle responsabilisation du secteur bancaire et financier par l’Etat".

La constellation belge

Lorsqu’on interroge Corentin de Salle sur les partis réellement libéraux en Belgique, il cite évidemment le MR mais reproche à l’Open VLD de suivre trop l’idéologie du développement durable qui est une idéologie antilibérale.

La N-VA ? "Certains points de son programme séduisent les entreprises mais son nationalisme dérange tout comme son idée de sauveur. Les libéraux n’aiment pas les grands chefs".

Dans les petits partis, le Parti libertarien est proche d’une certaine manière. Bien plus que le PP dans lequel il ne voit qu’une UDRT-bis…


"La Tradition de la Liberté", Corentin de Salle (ed), Centre Jean Gol. Rens. : 02/500.50.40 ou www.cjg.be