Léger mieux francophone

Monique Baus Publié le - Mis à jour le

Belgique

Toujours très attendus, les résultats de l'enquête Pisa! Avec une impatience particulière en Communauté française, où les piètres performances publiées lors de la dernière session, en 2000, avaient longtemps fait débat. Et «ouf», la fournée 2003 n'a pas fait pire. Un frémissement d'amélioration est même enregistré...

Bien que quatre disciplines soient évaluées (lire ci-dessus), l'enquête 2003 a mis le focus sur les mathématiques. En Communauté française, 16pc des élèves sont capables des performances les plus élevées (niveaux 5 et 6): c'est beaucoup. Mais, alors que 61pc sont à des niveaux intermédiaires (3 et 4), 23pc ne dépassent pas un niveau élémentaire (niveau 1 et inférieur): c'est énorme aussi!

Le fossé énorme entre les meilleurs et les moins bons de nos élèves est donc, malheureusement, confirmé. Aucune amélioration à ce niveau-là! Notez que ces niveaux sont établis selon le degré de difficulté des tâches demandées, de la procédure de routine dans un contexte familier (niveau 1) à la capacité de conceptualiser, argumenter et modéliser à partir de problèmes inconnus (niveau 6).

Gros retards

Comme l'enquête porte sur les élèves de 15 ans (et pas sur les élèves de telle année scolaire), il est intéressant de connaître en détail la composition du groupe d'élèves qui ont participé aux tests pour la Communauté française. Quelque 56pc d'entre eux ont un parcours scolaire sans retard et sont en quatrième année (40,6pc dans l'enseignement de transition, donc général ou technique de transition) et 15,7pc en qualification (technique de qualification ou professionnel). Quelques-uns sont en avance. Mais 42pc sont en retard (avec la Communauté germanophone de Belgique, l'Allemagne, la France et le Luxembourg, notre Communauté affiche parmi les taux de retard scolaire les plus élevés)! Et force est de constater que ceux-ci pèsent lourd sur les performances de la Communauté française par rapport à d'autres.

L'examen des niveaux des élèves selon l'année d'études fait effectivement apparaître que si, en 4eannée de transition, la majorité des élèves atteignent ou dépassent les niveaux intermédiaires (et le tiers atteignent les performances les plus complexes), la situation est bien plus préoccupante dans la filière qualifiante puisque la majorité des élèves n'y dépassent pas le niveau élémentaire.

Petits progrès

Quelle évolution constate-t-on par rapport aux résultats de 2000?

Dans toutes les matières examinées, la Communauté française se classe dans le groupe «moyen». Celui des pays dont les résultats ne diffèrent pas sensiblement de la moyenne OCDE. A noter qu'il s'agit de la moyenne de tous les pays participants (y compris non européens et non OCDE).

En mathématiques, il n'y a pas d'évolution significative. Juste une petite progression de 15 et 18 points dans deux des «sous-échelles» de cette branche (deux des quatre séries de questions consacrées aux «relations et changements», puis aux «espaces et formes»). Un progrès non significatif statistiquement. Tandis que la Communauté flamande, elle, enregistre une amélioration bien plus nette (lire ci-contre). Globalement, avec ses 498 points, la Communauté française se situe quasiment au niveau de la moyenne OCDE.

Légère amélioration francophone, aussi, en sciences (+16 points, pour atteindre un quota de 492, pour une moyenne OCDE de 500), surtout grâce aux progrès des élèves moyens et faibles.

En lecture, en revanche, il n'y a progression ni pour la Communauté française ni pour la Communauté flamande. Les performances des garçons sont même particulièrement inquiétantes.

Climat toujours inéquitable

Un autre aspect de l'étude l'est tout autant. C'est celui qui concerne l'équité du système éducatif. Personne n'a oublié comment l'enquête Pisa 2000 avait mis en lumière le caractère socialement inéquitable de celui de la Communauté française. Pisa 2003 confirme.

Les résultats des élèves varient fortement selon leurs caractéristiques socio-économiques et le type d'établissement fréquenté. Des clivages souvent plus importants en Communauté française qu'ailleurs...

© La Libre Belgique 2004

Monique Baus

Facebook

Derniers articles

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

cover-ci

Cover-PM