Belgique

Effet combiné du décret Courard et des affaires qui ont agité Charleroi, voilà Léon Casaert mis en place ce lundi, comme quatrième bourgmestre du Charleroi d'après les fusions.

Le 8 octobre avait fait de Jacques Van Gompel le bourgmestre annoncé, avec 17 916 voix de préférence. Son incarcération douze jours plus tard en raison de son implication supposée dans le dossier des marchés publics truqués a bouleversé la donne. Les 6 312 voix de préférence de Léon Casaert, jusqu'alors échevin du Troisième âge, de l'Emploi et de l'Economie sociale, ont fait de lui l'héritier inattendu.

Surprise, donc, même s'il se disait déjà qu'en raison de son score personnel, il avait de fortes chances de devenir bourgmestre après les élections communales de 2012 et le départ alors naturel de Jacques Van Gompel, pour autant qu'un Philippe Van Cauwenberghe ne lui ravisse pas la tête de liste.

La tâche risque d'être rude pour celui qui, outre les fonctions mayorales, a pourtant choisi de conserver "son" département du Troisième âge, parce que, dit-il "il y a encore beaucoup à faire", même s'il se défend d'être l'échevin des goûters de pensionnés. Il sera le premier gestionnaire d'un nouveau mode de gouvernement local et s'il a beaucoup été question de "nouvelle gouvernance" depuis plusieurs mois à Charleroi, on n'imaginait sans doute pas de devoir la concrétiser dans de telles conditions, et de la mettre en oeuvre en tripartite PS-MR-CDH.

Le nouveau bourgmestre sera, avec Jean-Pol Demacq, Marc Parmentier et Serge Beghin, un des quatre échevins sortants (on allait écrire "rescapés") qui devront apprendre la culture du débat et du consensus avec les opposants d'hier. Ce ne sera pas facile, pas plus qu'il ne sera aisé pour des hommes comme les MR Olivier Chastel et Philippe Sonnet d'abandonner leur rôle de critique abondant pour endosser la tenue du gestionnaire scabinal responsable.

Les fonds de pension

Au-delà de cette indispensable mise en commun de caractères qui se sont souvent frottés l'un à l'autre, il y a évidemment le travail titanesque qui attend cette équipe renouvelée. Avec, pour première étape, un état des lieux de la ville.

L'audit externe vient de confirmer ce que la Justice avait mis en lumière, les incohérences, les dérapages et les errements de la précédente gestion. Il va falloir, de manière déterminée, porter le fer partout où de tels relâchements se sont manifestés. On peut notamment compter sur la rigueur d'un Jean-Jacques Viseur, l'échevin CDH commis au Budget et aux Finances, pour ne plus s'en laisser conter par personne, si haut que soit son grade, dans l'Hôtel de Ville.

On pense notamment à ce dossier des fonds de pension de la Ville, et au fait que plusieurs centaines de milliers d'euros auraient été investis en Bourse, avec les pertes que cela a pu entraîner. Viseur, déjà, en fait une priorité.

© La Libre Belgique 2006