Belgique Un jeune Belge ans a été condamné mercredi à 26 ans de prison par la cour d'assises de Bruxelles pour l'assassinat de ses parents et de sa soeur, à l'issue d'un procès de trois semaines qui a captivé la Belgique. Dans leur arrêt, les trois magistrats professionnels et les 12 jurés de la cour d'assises ont insisté sur l'extrême gravité des faits et sur la personnalité "inquiétante" de Léopold Storme. L'arrêt mentionne également les nombreux coups de couteau portés à chaque victime et le fait qu'il avait dénudé la poitrine de sa soeur pour tenter de faire passer le meurtre pour un crime crapuleux.

Mardi soir, les membres du jury populaire avaient estimé que Léopold Storme, aujourd'hui âgé de 23 ans, avait bien tué, le 17 juin 2007, son père, sa mère et sa soeur d'une centaine de coups de couteau dans le magasin familial de textiles situé dans le quartier des Marolles, dans le centre de Bruxelles.

Selon le droit belge, la peine a été décidée à l'issue d'une nouvelle plaidoirie de la défense et d'un réquisitoire du parquet, qui se sont tenus mercredi matin.

Léopold Storme, qui a clamé son innocence depuis le début de l'affaire, risquait la réclusion à perpétuité. Le parquet n'avait réclamé contre lui que 30 ans de prison, retenant comme circonstance atténuante que son entourage ne s'était jamais intéressé au mal-être ressenti par le jeune homme, à l'époque âgé de 19 ans.

La défense avait réclamé une sanction "n'excédant pas 20 ans", pour tenir compte de son "jeune âge" et d'un état psychologique décrit comme "limite".<:p>

Léopold Storme avait, au cours de l'enquête, multiplié les explications contradictoires de ses faits et gestes.

Il avait tout d'abord expliqué avoir été absent des lieux du triple meurtre. Il a ensuite reconnu qu'il s'agissait d'un mensonge et a affirmé qu'il avait été agressé avant de perdre connaissance par deux, trois ou quatre hommes, encagoulés ou non, ne découvrant que par la suite ses proches tués, ou assistant à la mort de sa soeur, suivant les versions.

Des "mensonges" finalement écartés par les jurés, qui ont par ailleurs considéré qu'il n'était pas atteint de troubles mentaux et qu'il devait donc être sanctionné d'une longue peine de prison.

La cour et les jurés ont néanmoins insisté sur l'extrême gravité des faits et sur la personnalité inquiétante de Léopold Storme. Ces éléments ont pesé plus lourd dans la balance que les quelques circonstances atténuantes évoquées.

De manière plus précise, l'arrêt de la cour mentionne les nombreux coups de couteau portés à chaque victime, les messages post-mortem que Léopold Storme avait laissés à son père et à sa soeur et le fait qu'il avait dénudé la poitrine de sa soeur pour se disculper.

Concernant les circonstances atténuantes, la cour et les jurés ont relevé le désarroi dans lequel se trouvait Léopold Storme à la suite de l'annonce du départ de sa petite amie en Erasmus au Canada, sa peur d'abandon mais aussi son désir de s'affirmer en dehors du cocon familial.

La présidente, Karin Gérard, a conseillé au condamné de mettre à profit son séjour en prison pour se reconstruire en vue de se réinsérer.