Belgique

Pour Jessy, les femmes n’étaient que "des canaris à mettre en cage".

Les ados qui se sont entichées de lui ont connu l’enfer : viols, séquestration et privations ont été au menu.

Quinze ans de prison, assortis d’une mise à disposition du tribunal de l’application des peines de 10 ans : c’est là une peine exceptionnellement élevée requise pour ce qui n’est pas un crime de sang. Cela est d’autant plus rare que le prévenu, détenu depuis 11 mois, n’est âgé que de 22 ans.

Les faits, qui sont en partie contestés, sont d’une gravité exceptionnelle. Jessy Wébert, déjà condamné à quatre ans, est en récidive légale. Sa personnalité, comme l’ont décrite les psychiatres, inquiète : traits psychopathiques, sadiques, risque important de récidive, dangerosité.

Les préventions sont lourdes : viols, coups et blessures, séquestration, harcèlement, traitements inhumains. Ainsi que, pour couronner le tout, des maltraitances envers des chiens, jetés du premier étage ou attaqués au couteau.

Comme l’a rapporté la procureure, on se trouve en plein quart-monde, également au niveau des deux victimes, dont une avait 17 ans.

Une handicapée séquestrée dans une cave

Celle-ci, Laura, souffrait d’un handicap mental. Comble de la manipulation, Jessy Wébert se présente comme un chevalier blanc, qui l’aurait sauvée des griffes d’éducateurs qui la maltraitaient. Laura, qui avait la maturité d’une fille de 14 ans, s’était entichée de lui. Si au début, leur relation s’est déroulée sans trop de heurts, Jessy Wébert l’a séquestrée deux mois et demi dans une cave, chez sa sœur à Evere.

Il partait parfois plusieurs jours en emportant la clé. Elle devait faire ses besoins dans un seau. Elle recevait parfois un baquet d’eau tiède pour se laver. Elle était à peine nourrie dans ce petit espace dépourvu de lumière.

Très affaiblie, en état de cachexie, elle n’a été libérée que quand la sœur de Jessy Wébert a prévenu les secours. Celui-ci n’a pas fait beaucoup de préventive car les écrits de Laura semblaient faire état d’une relation peut-être consentie.

Une très jeune femme venait le voir en prison. À peine libéré, il n’a eu de cesse de "mettre un nouveau canari en cage", selon les termes de la procureure. La femme a été enfermée chez le père de Jessy Wébert, subissant comme Laura, mauvais traitements et viols. Quand Jessy Wébert comprendra qu’il sera incarcéré, il fuira avec elle en France. Terrorisée, elle n’osera le dénoncer que quelques mois plus tard quand ils seront interpellés pour vol à Lyon.

Jessy Wébert le reconnaît : "Je suis violent", dit-il. Son avocat conteste les viols, tout en reconnaissant les séquestrations, ce qui, raisonne-t-il, pourrait lui justifier une probation. Jugement en décembre.