Belgique

Les étudiants étrangers qui viennent passer une année scolaire en Belgique semblent désormais réfléchir à deux fois avant de choisir le Plat Pays comme destination. La filiale belge francophone de l'organisation internationale d'échange d'étudiants AFS a ainsi dû déplorer quelque 10% d'annulations pour la prochaine année scolaire 2016-2017. La raison explicitement avancée par les parents de ces étudiants: l'inquiétude qui règne sur la Belgique depuis les attentats qui ont secoué la capitale le 22 mars dernier. "Nous accueillons chaque année une centaine de jeunes pour des programmes scolaires et du volontariat. Pour la prochaine année scolaire, nous avons dû essuyer quelque 10% d'annulations de jeunes qui avaient prévu un échange en Belgique et dont les parents étaient inquiets", a indiqué Carole Massonnet, porte-parole d'AFS Belgique francophone, précisant que ces candidatures avortées émanaient essentiellement d'outre-Atlantique (Etats-Unis, Brésil, Mexique...)

Pour la porte-parole, le climat d'incertitude globale pèse aussi sur les départs d'étudiants. Dans ce sens-là également, une légère baisse a été observée. Quelques salons d'information sur ce type d'échanges ont dû être annulés ces derniers mois en raison des menaces d'attentats. De plus, certains parents belges sont inquiets de voir partir leur enfant "alors que les actualités internationales ne sont pas toujours encourageantes". De manière générale, outre les événements du 22 mars, les attentats de Paris du 13 novembre dernier constituent, selon AFS Belgique, "le premier déclencheur d'annulations et de questions".

L'ASBL pense qu'elle peut contribuer à lutter contre "cette montée de haine et de peur". "Cette recrudescence de violence et cette montée de discours parfois raciste faisant l'amalgame entre terroristes et réfugiés ne font que renforcer notre motivation. (...) Nous formons nos jeunes en vue de leur permettre de mieux comprendre le monde qui les entoure, surtout en matière de cohabitation et d'échanges culturels", poursuit Mme Massonnet.

AFS, tout comme d'autres organisations d'échanges, reste à la recherche de familles d'accueil, à Bruxelles qui ne compte que pour quelque 10% des placements de jeunes en provenance de l'étranger, mais partout ailleurs en Belgique également.

L'organisation WEP, moins touchée qu'AFS par les annulations, avec deux cas recensés seulement, lance elle aussi un appel aux familles d'accueil. "A partir de septembre, nous accueillerons plus de 60 élèves en échange, de plus 10 pays différents. Malgré une grande variété de destinations proposées, c'est bien la Belgique que ces jeunes ont choisie pour vivre une expérience unique d'immersion linguistique et culturelle", immersion qui ne pourrait s'opérer sans les familles d'accueil bénévoles, souligne le porte-parole de WEP, Adrien Buntinx.