Les auto-écoles dans la tourmente

Gilles Toussaint Publié le - Mis à jour le

Belgique

Contestées dès leur entrée en vigueur le 1er septembre 2006, les nouvelles règles encadrant la formation à la conduite n'ont pas fini de faire parler d'elles. Pour rappel, la procédure légale permettant d'obtenir le permis de conduire B (voiture) a été profondément remaniée à l'initiative du ministre de la Mobilité, Renaat Landuyt (SP.A), dans le but de permettre aux aspirants conducteurs d'acquérir un maximum d'expérience à moindres frais. Parmi les nouveautés figure un élargissement de la filière libre en autorisant notamment le candidat à faire appel à plusieurs guides différents.

Une réforme dénoncée avec insistance par les auto-écoles, pour qui celle-ci risquait de déboucher d'une part sur une moins bonne formation des futurs conducteurs et, d'autre part, sur d'importantes pertes d'emplois dans le secteur. Des craintes qui, semble-t-il, se concrétisent. "Plusieurs faillites ont été enregistrées", insiste avec amertume Concetta d'Eletto, présidente de la Fédération des auto-écoles agréées de Belgique (FAA). Autre signe alarmant : "Actuellement, les auto-écoles sont dans une phase de renouvellement de leur agrément qui doit être introduit auprès des pouvoirs publics avant le 30 novembre. En Wallonie, on constate qu'à l'heure actuelle seulement 10 pc des auto-écoles ont entamé cette procédure", s'enflamme Mme d'Eletto, dénonçant au passage l'apparition d'un marché parallèle de la formation. "Par le biais d'Internet notamment, on trouve des instructeurs qui proposent leurs services comme guides en filière libre. C'est une concurrence déloyale flagrante car de leur côté les auto-écoles agréées doivent répondre à toute une série de contraintes légales", conclut notre interlocutrice, ajoutant que la FAA avait entamé plusieurs procédures auprès du Conseil d'Etat.

Du côté du Goca, qui rassemble les entreprises organisant les examens pour l'obtention du permis de conduire, on explique ne pas disposer de données suffisamment affinées pour tirer des conclusions sur les répercussions que pourrait avoir la nouvelle procédure de formation sur le taux de réussite à l'examen pratique. D'autant plus qu'en décembre dernier, une autre réforme est également entrée en application imposant que l'épreuve des manoeuvres se fasse désormais sur la voie publique et non plus en terrain privé. Mais a priori, nous dit-on, les taux de réussite enregistrés sont plutôt stables.

Gilles Toussaint

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