Belgique

1 Les chantiers entamés et à boucler. Trois dossiers ont suscité discussions difficiles et multiples reports. Ils ont fait l'objet d'accords in extremis, juste avant les vacances, mais le débat n'est pas clos.

Primo, les bâtiments scolaires et le financement de leur rénovation par des PPP (partenariats public-privé). On est loin de voir débarquer pelles et pioches dans les écoles. Toutes les questions ne sont pas résolues.

Secundo, la réforme de l'inspection. Le débat est chaud. Après des mois de tension sous la précédente législature, il avait été mis au frigo pendant longtemps. On l'a vu réapparaître, de façon un peu brusquée ont jugé certains, avant les vacances. Concrètement, il s'agit de créer un service unique compétent pour l'ensemble des écoles. Tant les pouvoirs organisateurs que les syndicats ont émis des critiques. Entre autres, sur la précipitation dans laquelle on leur a demandé de se prononcer.

Le texte est néanmoins passé en deuxième lecture au gouvernement. Il fait actuellement l'objet de l'examen du Conseil d'Etat dont l'avis est attendu avant fin septembre. Adoption en troisième lecture et vote au Parlement doivent suivre, dans la foulée. L'idée est qu'il entre en vigueur le 1 éme r janvier prochain.

Et tertio, le statut des directeurs. Comme le précédent, ce sujet a fait l'objet d'échanges musclés au début de l'été. L'objectif est de préciser les droits et devoirs des chefs d'établissement. Formation spécifique, stage, lettre de mission et évaluation de son travail sont définis. Des amendements ont été demandés par les acteurs qui attendent de voir le texte définitif.

Par ailleurs, l'aide promise aux directeurs a été développée dans un texte spécifique, de façon à permettre ce soutien financier promis de longue date dès la rentrée de septembre. Sur le reste, on attend l'avis du Conseil d'Etat. Entrée en vigueur souhaitée: janvier 2007.

2 L'immersion. Il faut réglementer ce secteur dont la cote grimpe. La Libre le confirmait encore récemment: de plus en plus d'écoles misent sur ce système d'enseignement dans une autre langue que le français. Mais les règles sont floues. Le projet vise à préciser ce qu'est l'immersion en définissant notamment le pourcentage minimum de cours à donner dans l'autre langue pour pouvoir porter l'étiquette. Il devrait être bouclé dès septembre.

3 Les inscriptions. Ici aussi, une réglementation stricte est attendue pour octobre. Avec, pour objectif, de contrer la sélection pratiquée aux inscriptions par certains établissements et, par là, d'améliorer l'hétérogénéité des classes.

4 Le retour des bassins. C'est sans doute la surprise de l'agenda des mois qui viennent. Ce sujet explosif avait été enterré, il y a un an. Une enquête interuniversitaire avait été commandée pour tenter de faire le point sur la meilleure manière d'organiser la répartition des élèves dans les écoles. Le libre choix, comme ici? Une carte scolaire à la française? A moins qu'il s'agisse d'organiser l'offre des écoles?

Ses conclusions avaient été dévoilées dans la plus grande discrétion, à l'occasion d'un colloque consacré à autre chose dans la banlieue de Charleroi. Les chercheurs qui s'en étaient chargés attendent, depuis, que le résultat de leur travail serve de base au débat.

Ces scientifiques se sont prononcés en faveur d'un système de traitement collectif des préférences, tel qu'appliqué en Espagne. Les familles font des choix d'écoles et les communiquent non pas aux directions, mais à une autorité collective. La liberté de choix des familles est ainsi respectée et l'équité entre elles est même renforcée.

Après ce très long silence, un texte est annoncé pour novembre.

5 Le premier degré différencié.

Ce sont les classes qu'on appelle aujourd'hui «première B», «première C» et «deuxième P», au début du secondaire.

Alors que le tronc commun de cours a été redéfini pour les deux premières années de la filière générale (personne n'a oublié les débats autour du latin, qui ont abouti à la réglementation des cours à option), on attend aussi du changement pour ces années qui, en théorie, doivent permettre une remédiation vis-à-vis d'élèves plus faibles mais qui, dans la pratique, au lieu de les ramener dans le parcours débouchent trop souvent sur une relégation vers des filières à mauvaise réputation.

Dans l'idée d'offrir au maximum de jeunes les mêmes cours, le plus longtemps possible, il est question de supprimer la deuxième P. Ce qui est loin de plaire à tout le monde! Arbitrage attendu en décembre.

© La Libre Belgique 2006