Belgique

Le Conseil supérieur de la justice (CSJ) a présenté, mercredi, son 4e baromètre de la justice. La question centrale de cette enquête menée en 2014 était de savoir comment le citoyen belge perçoit la justice et son fonctionnement.

Mieux que la presse et l’Eglise

Premier enseignement : 61 % des sondés ont (plutôt) confiance en la justice qui fait moins bien que l’enseignement et la police mais mieux que la presse et les institutions religieuses (voir infographie ci-contre). En 2010, le taux de confiance était de 60 %, en 2007 de 66 % et en 2002, affaire Dutroux oblige, de 41 %.

Ce sont les diplômés de l’enseignement supérieur et les personnes dont le travail est en rapport avec la justice qui sont les plus confiants alors que les 65-79 ans et les familles monoparentales sont les plus méfiants.

On lira dans l’infographie qui accompagne cet article dans quelle mesure les sondés trouvent la justice et ses acteurs justes, efficaces, accessibles, etc.

Plus des trois quarts (76 %) des personnes interrogées estiment qu’une partie bénéficie d’un procès équitable : c’est beaucoup mais un peu moins qu’en 2010 (78 %) et 2007 (79 %).

En revanche, ils sont plus nombreux qu’auparavant (68 % contre 65 % et 64 %) à estimer que le citoyen peut facilement agir en justice.

Meilleure information

Seuls 35 % considèrent que la justice donne assez d’informations sur son fonctionnement. C’est peu mais c’est largement mieux qu’en 2010 (25 %) et qu’en 2007 (27 %). Cela devrait en tout cas encourager l’institution à multiplier les efforts pour mieux se faire connaître.

La satisfaction à l’égard du fonctionnement de la justice atteint les 57 %. Un quart des sondés (contre 20 % seulement en 2010) jugent que la justice s’est améliorée ces dernières années contre 24 % qui parlent de détérioration et 40 % qui évoquent un statu quo.

Les pessimistes se trouvent parmi les plus de 50 ans, les Bruxellois et les Wallons, les familles monoparentales et ceux qui ont eu un contact avec la justice ces dix dernières années.

A noter que 63 % des participants au sondage jugent que la justice a fait des efforts pour s’améliorer même si elle n’y est pas toujours parvenue.

L’infographie répond aussi à une série de questions sur la perception des procédures au tribunal et du comportement des juges.

La tendance est la suivante par rapport à 2010 et 2007 : ils sont plus nombreux (+10 %) à trouver que le langage juridique est clair mais (un peu moins) nombreux à estimer que la plupart des décisions sont justes (ce qui constitue un recul) et que le traitement d’une affaire dure trop longtemps (ce qui correspond à un progrès).

Les plus sceptiques quant au caractère juste d’une décision sont les 50-79 ans et, surtout, les Wallons.

A propos de la qualité du travail des juges, il y a du mieux par rapport au baromètre précédent s’agissant de leur connaissance des dossiers mais du moins bien concernant leur indépendance et surtout à propos de leur façon de traiter de manière égale tous les citoyens.

On notera que 77 % se prononcent en faveur d’un juge professionnel et 50 % en faveur d’un jury populaire (la question n’était pas à choix unique, ce qui explique ces chiffres).

Sont proportionnellement moins favorables au jury les diplômés du niveau supérieur. Par ailleurs, 53 % des sondés sont défavorables à ce que l’on filme les audiences.

Septante-deux pour cent des sondés (contre 77 en 2010 et 80 en 2007) sont favorables à la formule du juge civil assisté par les citoyens; 92 % (un peu moins qu’auparavant) applaudissent la médiation-conciliation; 55 % ont eu le sentiment d’être écoutés par le juge.

Enfin, en matière pénale, 46 % des sondés (contre 43 en 2010 et 45 en 2007) aimeraient que les citoyens participent aux jugements ailleurs qu’en cour d’assises.

Des condamnés… condamnés

Depuis huit ans, la demande de sévérité pénale est restée la même : 60 % des sondés veulent qu’un condamné purge la totalité de sa peine. Les plus intransigeants sont les femmes, les moins diplômés et les Wallons. L’adhésion au bracelet électronique (69 % contre 65 % en 2010 et à la peine de travail (83 % contre 81 %) est en hausse.

Enfin, 60 % des personnes ayant un contact avec la justice dans une affaire pénale (contre 49 % en matière civile) estiment que la décision rendue dans leur dossier était juste. C’est un important progrès.

Encore un mot : l’enquête téléphonique a duré huit minutes de moins qu’en 2010. C’est qu’on avait "sucré" plusieurs questions… "compte tenu des contingences budgétaires".