Belgique

Breendonk. Le Mémorial de Breendonk présente depuis une semaine une exposition inédite retraçant par le détail ce que l’on a appelé "le Procès des bourreaux de Breendonk" qui se déroula devant le Conseil de guerre de Malines à partir du 5 mars 1946. Ce procès avait fait grand bruit à l’époque car on y jugeait les 22 tortionnaires du "Auffanglager-Breendonk", le seul camp de concentration nazi installé en Belgique qui accueillit dans un premier temps les opposants au nazisme, mais aussi des citoyens d’origine juive. Ces derniers allaient cependant être détournés vers la caserne Dossin lorsqu’elle devint en 1942 le lieu de rassemblement pour la déportation vers la Haute-Silésie. Par ailleurs, la plupart des prisonniers belges n’y séjournèrent que le temps d’être déplacés vers des camps allemands tout aussi sévères. C’est si vrai que la moitié des 3 500 détenus dans le fort qui visait initialement à défendre Anvers n’allaient pas survivre à la guerre.

Breendonk fut donc un vrai camp de concentration dirigé par des SS allemands avec l’appui de SS flamands. L’issue du procès fut sans surprise : sur les 23 accusés, 16 furent condamnés à mort, 4 à la détention à perpétuité, alors que 2 autres chefs écopèrent de vingt et de quinze ans de détention alors qu’un dernier fut acquitté. De nombreux documents d’archives, des pièces originales, des fragments audios et audiovisuels d’époque, ainsi que des dessins de presse originaux et inédits sont présentés à cette occasion au public (renseignements : 03.860.75.25) mais les passionnés devraient sans conteste acquérir "Beulen van Breendonk" (Standaard Uitgeverij) dans lequel une équipe d’historiens dirigée par Mark Van den Wijngaert et comprenant aussi des chercheurs liés au Mémorial nous fait revivre le procès comme si on y était. Il est vrai que le livre s’appuie sur moult archives et témoignages dont celui de feu Paul Lévy, ancien du camp mais aussi correspondant de guerre et journaliste qui couvrit le procès avant d’être un des fondateurs du Mémorial. C.Le