Belgique

En fin de matinée, quelque 75 des 300 bus normalement en circulation à ce moment de la journée en région bruxelloise sont restés au dépôt à la suite de l'action de grève spontanée menée par des chauffeurs de bus de la STIB, sans l'appui des organisations syndicales, a-t-on appris auprès de la direction de la société. Il s'agit, pour 74 d'entre eux, de véhicules dépendant du dépôt de Haren. A l'exception d'un d'entre eux, les bus des deux autres dépôts (Jacques Brel et Delta) circulaient normalement.

Aucune perturbation n'était perceptible sur les réseaux de tramways et de métro, même si l'on a craint à un moment, une extension partielle du mouvement au réseau des trams. Le changement de services de l'après-midi permettra de voir plus clair dans l'étendue des perturbations pour la fin de la journée. Du côté de la direction, on affirme que les conducteurs qui se sont engagés à participer vendredi soir au lancement du réseau de bus de nuit avaient individuellement fait part de leur intention de travailler.

A Liège

Lors de l'assemblée générale du personnel des TEC Liège-Verviers qui s'est terminée vers 9h45 au dépôt de Robermont, les travailleurs ont décidé, par vote à main levée, de poursuivre la grève surprise entamée jeudi à 20h. "Nous faisons donc une grève de 24 heures, mais durant le week-end, les bus rouleront", a expliqué Claude Vickevorst, secrétaire CGSP des TEC Liège-Verviers. Il n'est pas exclu que quelques dépôts roulent tout de même mais le trafic des bus sera stoppé dans toute la zone urbaine de Liège.

C'est le syndicat CGSP qui a initié cet arrêt de travail, suite à une réunion avec la direction qui, selon lui, a mené au blocage. Pour rappel, la direction des TEC a initié une procédure judiciaire à l'encontre d'un délégué CGSP qu'elle soupçonne d'avoir falsifié, à une époque où il était alors délégué à la CGSLB, des documents administratifs du TEC pour en retirer des avantages personnels. L'homme est actuellement suspendu de ses fonctions et le tribunal du travail, où l'enquête est en cours, devra se positionner sur un éventuel licenciement.

Aux yeux de la CGSP, cette "manoeuvre" de la direction pose question. "Veut-elle affaiblir une organisation syndicale ? Veut-elle avoir la tête d'un délégué remuant ? S'agit-il d'un règlement de comptes politique ? Nous reconnaissons que le délégué a fait une erreur mais nous soutenons qu'il ne doit pas un franc à la société", insiste Claude Vickevorst. "Par le passé, nous avons résolu, en interne, des cas bien plus graves".

Lundi, un nouvel arrêt de travail aura lieu de 9 à 11 heures au centre-ville, "puisque le dossier comparaît au tribunal de travail à 10h30 lundi".

Les deux autres organisations syndicales, CSC et CGSLB, ne soutiennent pas ce mouvement de grève. Mais les dépôts étant désormais bloqués jusqu'à la fin de journée, aucun chauffeur ne travaillera ce vendredi. "Ce n'est pas à nous de juger cette affaire et il faut s'en remettre à la procédure légale", a affirmé un délégué du syndicat libéral. "Nous estimons prématuré, irresponsable et stupide d'initier une grève dont le seul but est d'empêcher que la justice ne tranche", a quant à lui déclaré Ludo Absil, délégué CSC.

Du côté de la direction, Isabelle Mewissen juge "indécent de prendre en otage la population". Les responsables s'en remettent à la procédure judiciaire en cours. Une nouvelle réunion avec les syndicats n'est pas exclue en cours de journée.