Belgique On ne parle pas encore de pénurie mais de rationnement. Les entrepreneurs de voirie s’inquiètent quand même.

Certains chantiers routiers sont-ils menacés par une pénurie de bitume ? On n’en est pas encore là mais le risque existe malgré tout.

Selon Didier Block, de la fédération wallonne des entrepreneurs de travaux de voirie, les chantiers belges "ne font pas face à une pénurie à proprement parler mais plutôt à un rationnement" du bitume, un composant de l’asphalte qui recouvre les routes et autoroutes du pays.

Les entrepreneurs doivent jongler entre leurs différents chantiers pour contrer le manque de bitume disponible.

"La pénurie est une menace dont on entend parler depuis quelque temps mais les travaux de voirie wallons n’en ont jusqu’ici pas été impactés", indiquait, jeudi, Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW routes et infrastructures. Ce son de cloche est confirmé du côté de Bruxelles Mobilité.

Qui dit rationnement, dit retards

Cela dit, le rationnement en bitume imposé par le secteur pétrolier provoque bel et bien des retards sur les zones en travaux. Ces retards se comptent toutefois actuellement en jours, ce qui explique qu’ils passent relativement inaperçus auprès des administrations. "Jusqu’à présent, nous ne devons pas nous acquitter de pénalités car les délais d’exécution sont encore respectés, observe Didier Block. C’est en interne que des surcoûts doivent être épongés."

Les entrepreneurs jonglent ainsi entre les chantiers et les différents types de bitume que chacun exige. Ils adaptent les travaux en fonction des quantités disponibles. "C’est une source de stress car il faut continuer à encadrer correctement chaque chantier."

Mais quelle est la cause de ce rationnement ? Et quelle en sera la durée ? Sur ce point, la fédération regrette le manque de clarté des pétroliers. "Nous interpellons nos fournisseurs depuis le mois de juin mais les raisons invoquées s’additionnent et parfois, se contredisent", regrette M. Block.

Grève, fermeture de site, etc.

Plusieurs explications émergent : il y a eu des grèves en juin dans certaines raffineries françaises, ce qui a entraîné un arrêt de la production; il manquerait de chauffeurs routiers pour assurer le transport depuis le nord de la France. Or, depuis que Total a cessé sa production de bitume à Anvers, les entrepreneurs belges ont été obligés de se tourner davantage encore vers la France et cela malgré l’allongement des délais de livraison.

Didier Block appelle dès lors les pétroliers à davantage de transparence et demande qu’ils s’expriment clairement au sujet des problèmes qu’ils rencontrent, de leur importance et de leur durée potentielle.