Belgique

Des cérémonies officielles étaient organisées ce jeudi, en mémoire des victimes des attentats terroristes perpétrés le 22 mars 2016.

L'une d'elle s'est tenue à 07h58, à l'aéroport de Zaventem, dans le hall des départs. L'agence de presse Belga signale des personnes présentes ont critiqué l'organisation, notamment le fait que la minute de silence n'ait pas été annoncée dans tout l'aéroport et qu'un cordon maintenait la foule à distance de la plaque commémorative. Ils ont également reproché aux membres du gouvernement fédéral présents de ne pas être venus les saluer et de ne pas avoir manifesté d'empathie pour les victimes.

Thomas Savary, le beau-fils de Fabienne Vansteenkiste qui travaillait à l'aéroport, s'est dit déçu. "Deux ans c'est à la fois loin et proche, et beaucoup se sentent très mal cette année. Pour nous, c'est important de se recueillir à l'endroit où nos vies ont changé. Mais, ce qui s'est passé ce matin était un peu hors du temps. On nous a mis à l'endroit où la bombe a explosé, bloqués derrière un cordon de sécurité."



Charles Michel s'étonne des critiques

Contacté par LaLibre.be, l'entourage de Charles Michel s'étonne de ces critiques. "La minute de silence était ouverte à tous et a été respectée comme il se doit. Ensuite, le Premier ministre, le CEO et le président du CA de l'aéroport ont rencontré les victimes durant trois-quarts d'heure dans une salle de l'hôtel Sheraton, en face de l'aéroport. Les victimes qui le souhaitaient pouvaient être présentes. Tout cela s'est fait sans la présence des journalistes."

L'entourage de Charles Michel précise également que ces cérémonies "ont été organisées par les victimes pour les victimes. Celles-ci ont exprimé leur souhait que ce ne soit pas trop protocolaire."

De son côté, le fondateur de l'association de victimes V-Europe Philippe Vansteenkiste, qui a perdu sa soeur à l'aéroport, a tenu à ajouter que les familles ont apprécié de pouvoir rencontrer des membres des services de secours à l'hôtel Sheraton. "C'est la journée où on peut à nouveau rencontrer les personnes qui ont porté secours aux victimes. Ce sont aussi des victimes. Ils ont vu des scènes de guerre et le travail qu'ils ont fait doit être salué."


Une minute de silence à la Chambre

L'assemblée plénière de la Chambre a observé jeudi, à l'entame de ses travaux, une minute de silence en hommage aux attentats de l'aéroport de Zaventem et de la station de métro Maelbeek qui ont eu lieu il y a deux ans.


Une stèle commémorative inaugurée

Les familles des victimes ont inauguré une plaque commémorative, jeudi à midi, devant le monument Memorial Garden, érigé à proximité de l'aéroport de Zaventem. Des gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la stèle commémorative. Une minute de silence a ensuite été respectée. Un policier et un militaire ont lu les noms des victimes de l'attaque à l'aéroport, inscrits sur la plaque.

Le fondateur de l'association de victimes V-Europe Philippe Vansteenkiste a par la suite pris la parole : "Sans rien d'écrit, il n'y avait pas de mémorial. Un mémorial sans mémoire était un non sens pour moi. C'est pour cela que nous avons demandé à y faire mettre une stèle. Elle indique qu'il s'agit d'un lieu honorant la mémoire de victimes du terrorisme et on y a fait inscrire leurs noms". Le nom de l'arrêt bus à proximité a également été changé avec la société De Lijn. Il a été rebaptisé "Memorial Garden".

En fin d'événement, des victimes ont lu des messages de leur composition et une personne a chanté "Walk again" avec un accompagnement audio au piano, une chanson composée spécifiquement pour les victimes.


La station Maelbeek plongée dans un émouvant silence

Une minute de silence a ensuite été observée à 09h11 dans la station de métro Maelbeek. Les victimes et leurs proches ainsi que la délégation officielle, composée notamment du Premier ministre, du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort et du bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, se sont recueillis dans le hall d'accueil. La mine sombre, la centaine de personnes rassemblées dans le hall ont rendu hommage aux victimes en observant une minute de silence à 09h11 précises, heure à laquelle Khalid El Bakraoui a déclenché sa ceinture d'explosifs, il y a tout juste deux ans, dans une rame de métro de la ligne 5 immobilisée dans la station Maelbeek, en plein cœur du quartier européen.

Les navetteurs du métro, temporairement à l'arrêt, ont également été invités à se recueillir en silence, de sorte que seuls les souvenirs imprégnaient l'atmosphère de la station martyre.


Au terme de cet hommage, ponctué par un morceau de violoncelle, Charles Michel, Rudi Vervoort et Philippe Close ont chacun déposé une couronne de fleurs sans faire de déclarations.

A l'extérieur, les forces de l'ordre cernaient les entrées de la station, même si celle-ci restait ouverte au grand public.

Les victimes et leurs proches devaient ensuite être accueillis à l'hôtel Thon, à proximité, tandis que le Premier ministre était attendu au monument érigé en commémoration de toutes les victimes d'attentats terroristes, entre le parc du Cinquantenaire et le rond-point Schuman, pour une cérémonie d'hommage.

Plongeant les voyageurs dans le désarroi le plus profond, l'attentat de la station Maelbeek a fait 16 morts et plus d'une centaine de blessés. Il faisait suite à une première salve d'explosions meurtrières survenues à l'aéroport de Zaventem. Au total, ces attentats, revendiqués par l'organisation djihadiste Etat islamique, ont fait 32 morts et 324 blessés à des degrés divers.