Les conducteurs fantômes, ces faucheuses de la route

Jonas Legge Publié le - Mis à jour le

Belgique

Ce dimanche, peu avant minuit, un homme a perdu la vie au volant de son véhicule sur le ring d'Anvers. Le conducteur, qui roulait sur l'autoroute à contresens, n'a pu être évité par un véhicule avec caravane qui circulait en direction des Pays-Bas.

En moyenne, chaque année, environ 400 conducteurs fantômes sont recensés par la police fédérale. Même si les accidents sont peu nombreux, dès que la situation se présente, elle est dévastatrice. "En 2010, les onze accidents avec conducteur fantôme ont tué au total cinq personnes, soit un tué tous les deux accidents", résume Benoit Godart, porte-parole de l'IBSR.

Sur autoroute, le risque de mourir est d'ailleurs huit fois plus élevé lors de ces collisions frontales que dans un accident plus 'classique'. "Le caractère brusque et irrationnel de cette 'apparition' qui, dans un premier temps, fait plutôt penser à une hallucination, explique peut-être l'utilisation du terme 'conducteur fantôme'", souligne M. Godart.

Des hommes sous l'emprise de l'alcool

Mais comment expliquer qu'un conducteur puisse se retrouver en sens inverse sur autoroute ?

L'Institut belge pour la sécurité routière a dressé trois catégories de conducteurs fantômes.

1. Les personnes sous l'emprise de l'alcool, de drogues et/ou de médicaments.

2. Les conducteurs distraits ou ayant commis une erreur d'attention. Les personnes âgées sont surreprésentées dans cette classification.

3. Les individus mis au défi ou impliqués dans un pari, mais surtout ceux tentant de se suicider.

D'après une étude autrichienne, 85% de ces automobilistes sont des hommes sous l'emprise de l'alcool. En outre, ces conducteurs sont pratiquement tous seuls à bord. L'IBSR ajoute que "rouler à contresens arrive plus fréquemment lorsque la visibilité est réduite, surtout en automne et en hiver, ainsi que la nuit".

Des solutions mais pas de panacée

Dans certains cas, la configuration des lieux constitue la principale cause de l'erreur. "Une meilleure infrastructure, une séparation physique entre accès et sortie d'autoroute, une signalisation plus claire et mieux visible et un meilleur éclairage permettent de limiter les risques de confusion aux endroits à risque", précise Benoit Godart.

Peindre des flèches signalant la bonne direction ou installer des panneaux montrant une main levée sur fond jaune avec un signal de sens interdit au milieu sont d'autres solutions permettant d'accroitre la sécurité.

Mais que faire face à un individu saoul ou décidé à mettre fin à ses jours ? "L'installation de dos d'âne crevant les pneus des véhicules qui roulent dans le mauvais sens avait été envisagée au début des années 90, mais vite oubliée car elle présentait plus d'inconvénients que d'avantages (obstacles pour les services de secours, dangereux pour les motards, etc.). Les systèmes de sécurité électronique constituent une meilleure solution, mais ils sont très coûteux", fait remarquer Benoit Godart. Actuellement, l'ampleur limitée du phénomène bloque l'installation de systèmes plus couteux.

Le plus souvent, les personnes prises en défaut sur l'autoroute prétextent avoir perdu ou oublié un objet en chemin. Pourtant, une telle manœuvre constitue une infraction du troisième type, sanctionnée par une déchéance du droit de conduire de huit jours minimum et d'une amende de 550 à 2275 euros.

Publicité clickBoxBanner