Belgique

Lancé en 2004, le programme d'actions visant à stimuler l'intérêt des citoyens wallons pour les économies d'énergie connaît un engouement exponentiel, à tel point que l'administration chargée de la gestion de ces dossiers est littéralement noyée.

Pour rappel, ce dispositif mis en place par l'ex-ministre wallon de l'Énergie, José Daras (Ecolo), et amplifié par son successeur André Antoine (CDH), repose sur l'attribution de primes aux particuliers qui réalisent certains investissements contribuant à une utilisation rationnelle de l'énergie dans leur habitation. Sont concernés les travaux d'isolation (toits, murs, sols), l'installation de double vitrage, l'installation d'une chaudière au gaz naturel, le placement d'outils de régulation thermique (vannes thermostatiques...), l'installation d'un poêle ou d'une chaudière à bois ou à pellets, etc.

Visiblement appâtés par ce coup de pouce financier - et sans doute aussi un peu poussés dans le dos par les incertitudes croissantes pesant sur les prix de l'énergie -, les Wallons sont de plus en plus nombreux à s'engager dans l'une ou l'autre de ces démarches. En 2004, 7 700 dossiers avaient été introduits; le chiffre est passé à 11 900 en 2005 et atteignait les 26600 dossiers à la fin du mois de décembre dernier, alors que les dossiers peuvent encore être introduits jusqu'au 1er mars. Pour l'exercice 2006, l'administration table donc sur un total qui devrait avoisiner les 30 000 demandes.

En tête du hit-parade des investissements les plus prisés, on peut citer l'installation de châssis à double vitrage, suivie par l'isolation de la toiture et le retour en force du poêle à bois dans les salons.

Administration submergée

Conséquence de cet afflux, le traitement de ces dossiers par l'administration ne suit plus. Le temps d'attente pour l'acceptation ou le refus d'un dossier tourne, pour les catégories de primes les plus sollicitées, autour des dix mois, auxquels s'ajoutent quatre à cinq mois pour le paiement du montant. Un délai qui, commente-t-on au cabinet du ministre Antoine, est de l'ordre de ceux qui ont cours pour les déductions fiscales.

Mais justement, ne serait-il pas dès lors préférable d'opter pour cette formule qui induirait moins de lourdeurs administratives ? "C'est ce que plaide le ministre et les déductions fiscales devraient être plus intéressantes sur le plan financier, mais cela relève alors du gouvernement fédéral".

Tout le monde sera servi

En attendant, une série de mesures ont déjà été prises pour tenter d'accélérer la gestion de ces dossiers. Une quinzaine d'intérimaires ont été engagés en septembre 2006 pour épauler les quatre personnes initialement prévues pour ces tâches. Et l'engagement de six intérimaires supplémentaires est également à l'étude. Parallèlement, une série de pistes visant à une simplification des procédures administratives ont été évaluées et doivent peu à peu se mettre en place.

Sur le plan budgétaire, par ailleurs, aucune mauvaise surprise n'est à craindre, nous dit-on. Le gouvernement wallon a réservé une enveloppe de 29 millions d'euros pour son plan d'action 2006 (alimentée notamment par les montants collectés dans le Fonds Énergie) et dispose le cas échéant de réserves budgétaires qui permettront de satisfaire toutes les demandes. L'enveloppe 2007, probablement revue à la hausse, devrait pour sa part être validée au mois de février.

Web http://energie.wallonie.be