Belgique

La Belgique devrait consacrer en 2018 0,93% de son Produit intérieur brut (PIB) à des dépenses de défense, contre 0,91% en 2017, ce qui consacre la première hausse depuis des années, selon des statistiques provisoires publiées mardi par l'Otan, qui réclame que chaque pays allié y consacre au moins 2% de son PIB. La Belgique se retrouve ainsi, à égalité avec l'Espagne en pénultième place, juste devant le Luxembourg (0,55%), dans le groupe des trois pays - sur 29 Alliés - sous la barre du pour cent.

En terme financier, les dépenses de défense belges - une notion plus large que le seul budget de la Défense puisqu'elle recouvre aussi, par exemple, les pensions versées aux ex-militaires - sont passées de 3,997 d'euros en 2017 à 4,202 milliards d'euros, soit une hausse de 3,13% d'une année à l'autre, selon la même estimation.

Lors d'un sommet au Pays de Galles en 2014, les Alliés se sont engagés à mettre fin à l'érosion de leurs budgets militaires, à les porter à 2% du PIB en dix ans - d'ici 2024 donc - et à consacrer 20% à des investissements en matériels majeurs. Le président américain Donald Trump se fait de plus en plus insistant pour réclamer un "partage du fardeau" plus équitable entre les deux rives de l'Atlantique.

Les Pays-Bas, par exemple, avec des dépenses de défense de 10,7 milliards d'euros, atteignent 1,47% du PIB.

Seuls quatre Alliés - la Grèce (2,27%), la Lettonie (2%), le Royaume-Uni et les Etats-Unis (3,5%) - devraient réaliser l'objectif cette année, alors que la Pologne est est toute proche, avec 1,98%.

Pour la Belgique, il s'agit d'une inversion de tendance, en baisse constante depuis 2011, quand elle consacrait encore 1,04% de son PIB à la défense.

Le Premier ministre Charles Michel avait annoncé la semaine dernière à la Chambre que la Belgique mettrait "un terme à la baisse des dépenses de défense en 2018" et "prendra pour 2019 les décisions nécessaires dans le cadre du conclave budgétaire" prévu dans les prochaines semaines.

"A cet effet, la Belgique poursuivra la mise en œuvre de la Vision stratégique pour la défense et réalisera les investissements prévus de 9,4 milliards d'euros dans les équipements nécessaires pour atteindre une moyenne de 1,3% du PIB pour les dépenses en matière de défense, c'est-à-dire la moyenne des Etats européens non-nucléaires membres de l'Otan", avait-il ajouté.

M. Michel avait toutefois prévenu qu'il appartiendra au prochain gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour faire évoluer notre pays par la rédaction d'un addendum à la "Vision stratégique" (sur les contours de la Défense à l'horizon 2030 approuvé par le gouvernement en juin 2016) "vers la moyenne des États membres européens non-nucléaires de l'Otan" - qui ne cesse de remonter en réponse aux injonctions de l'Otan et du président américain Donald Trump.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a ainsi confirmé que les budgets militaires des pays européens et du Canada étaient en hausse depuis quatre ans.

"Je tiens à remercier le président Trump pour avoir montré la voie en matière d'augmentation des dépenses de défense. L'année dernière, nous avons mis en place des plans nationaux (sur la manière de progresser vers les 2%). On estime que les alliés européens et le Canada mettront 266 milliards de dollars américains supplémentaires d'ici 2024.

"Ces 266 milliards de dollars en plus pour la défense d'ici 2014 pour les alliés européens et le Canada est un effort significatif et nous sommes sur la bonne voie", a-t-il ajouté.

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