Les écoles flamandes de Bruxelles sont devenues des écoles d’immersion en néerlandais

Bocart Stéphanie Publié le - Mis à jour le

Belgique

Le Centre de recherche et d’information socio-politiques (Crisp) consacre son nouveau "Courrier hebdomadaire" à "L’enseignement en Communauté flamande (1988-2013)" (1), sous les plumes de Pieter Fannes, Bart Vranckx, Frank Simon et Marc Depaepe. Cette contribution, richement documentée, retrace les différentes mutations qu’a connues le paysage de l’enseignement en Communauté flamande au cours de ces vingt-cinq dernières années.

Ici, nous épinglerons plus particulièrement le chapitre dédié à l’enseignement néerlandophone à Bruxelles.

La région bruxelloise compte 120 écoles fondamentales et plus de 30 écoles secondaires. Le pourcentage de néerlandophones oscille entre 5 et 15 % de la population, tandis que l’enseignement néerlandophone représente près de 20 % de l’offre d’enseignement bruxelloise. Sur les 203 000 élèves de l’enseignement obligatoire, 80 % sont scolarisés dans l’enseignement francophone, 17 % dans l’enseignement néerlandophone et les 3 % restants dans les écoles européennes et internationales.

Mais "il n’en a pas toujours été ainsi , rappelle le Crisp. Dans les années 70, l’enseignement néerlandophone à Bruxelles semblait voué à disparaître. […] C’est grâce à une série de plans d’action successifs et, surtout, au recrutement actif d’élèves non néerlandophone que l’enseignement néerlandophone a pu garder la tête hors de l’eau" . En trente ans, le nombre d’élèves dans les écoles néerlandophones bruxelloises est ainsi passé de quelque 4 300 à plus de 12 000 en 2012. Idem au niveau primaire, où le nombre d’enfants a gonflé d’un peu moins de 9 000 en 1979-1980 à près de 15 500 en 2012-2013. Quant au secondaire, il scolarisait 12 628 élèves en 2012-2013.

A l’origine de ce succès ? Le flux entrant de néerlandophones, mais surtout, "une série de campagnes de promotion bilingues rondement menées , pointe le Crisp. Ensuite, de plus en plus d’élèves allophones (non francophones) se sont inscrits dans les établissements néerlandophones" . Et de préciser que "la Communauté flamande débourse environ 20 % de plus pour ses élèves que la Communauté française ne le peut pour les siens" .

Conséquence ? "Dans l’enseignement primaire, la proportion d’élèves ne parlant pas le néerlandais à la maison est passée de 4 % en 1979-1980 à 63,2 % en 2012-2013" , tandis que dans le secondaire, elle a grimpé de 6,3 % en 1991-1992 à 46,5 % en 2012-2013. L’enseignement néerlandophone a donc pour défi, notamment, que "seule une minorité des élèves parle le néerlandais à la maison" . De fait, selon le comptage des élèves effectué par la VGC (la Commission communautaire flamande de Bruxelles) en février 2013, "à peine" 36,8 % des enfants de l’enseignement maternel néerlandophone sont issus d’une famille où l’un des deux parents parle néerlandais; 30,1 % d’une famille complètement francophone et 33,2 % d’un foyer complètement allophone. Dans le primaire, les chiffres sont comparables : 36,8 % proviennent d’une famille néerlandophone tandis que dans le secondaire, "les néerlandophones constituent pour l’instant encore une majorité (56,3 %)" . Conclusion? "Pour la plupart des élèves, le néerlandais n’est donc pas la première, mais bien souvent la deuxième ou la troisième langue"

Bocart Stéphanie