Belgique Le parquet a requis de 24 à 36 mois de prison. Les victimes étendent leur partie civile.

Ils étaient huit, vendredi, en majorité des gamins âgés d’à peine 18 ou 19 ans, sur le banc des prévenus de la 67e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, appelée à statuer en procédure accélérée.

Cités pour rébellion, vols, dégradations, coups et blessures à agent et/ou port d’arme prohibée (des pierres), ils sont poursuivis pour les émeutes, qui ont suivi la qualification, le 11 novembre dernier, du Maroc pour la Coupe du monde de football. Quelques centaines de personnes s’étaient rassemblées en soirée à la Bourse, lieu traditionnel où les supporters de football fêtent leurs victoires à Bruxelles.

Une réouverture des débats

L’ambiance avait rapidement tourné à l’aigre : du mobilier urbain avait été dégradé. La police de Bruxelles-Ixelles, qui, pas plus que d’autres, n’avait perçu le risque en cas de qualification du Maroc, avait dispersé la foule en direction du Midi. Des pillages et des destructions avaient suivi. Deux voitures avaient été incendiées. Les pompiers avaient été pris à partie en intervention.

Les événements avaient choqué, d’autant que, dans les semaines qui avaient suivi, deux autres rassemblements à Bruxelles avaient été émaillés de sérieux troubles.

Les huit prévenus risquent gros. Sur le plan pénal mais peut-être plus encore au civil où les nombreuses parties civiles ont demandé vendredi au tribunal d’importantes réparations.

Une première audience s’était tenue le 5 janvier. Les huit prévenus avaient été cités dans des dossiers séparés. A l’heure de rendre son jugement, le 16 février, le président du tribunal, Luc Hennart, avait ordonné une réouverture des débats.

Il estimait qu’il ne fallait pas isoler les événements les uns des autres et qu’il fallait traiter le tout comme un seul dossier. Pour le parquet, cela n’a rien changé. Il a simplement confirmé ses réquisitions de 24 à 36 mois de prison.

Les huit prévenus, qui ont donc eu accès aux dossiers des sept autres, n’ont pas varié dans leur reconnaissance des faits ou dénégations.

En revanche, les parties civiles en ont profité, vendredi, pour étendre leurs constitutions aux huit prévenus, même quand le lien de causalité ne paraît pas évident.

Ainsi de la société de transports publics STIB, qui réclame 2 647 euros pour avoir dû modifier ou supprimer l’itinéraire de ses bus, alors que certains prévenus répondent seulement de vol.

Jugement le 20 avril.