Belgique

La Conférence épiscopale veut tordre le cou à un canard : non, il n’y avait pas de documents scabreux et secrets relatifs au dossier Dutroux, et particulièrement au volet Julie et Mélissa, au Palais épiscopal de Malines qui ont été saisis lors des perquisitions du 24 juin dernier. Hormis des documents qui ont connu une large diffusion et qui ont été envoyés par un "fou judiciaire" à Mgr Léonard. Cette information avait été lancée mardi par "Het Laatste Nieuws". Et l’avocat de la conférence épiscopale et du cardinal Danneels, Me Fernand Keuleneer, de s’irriter des fuites dans la presse, dire que cela doit cesser et laisser entendre qu’il ne laissera plus rien passer.

"Ce dossier crée beaucoup d’émotion. Essayons de rester dans la matérialité", relève Eric De Beukelaer, porte-parole de la Conférence épiscopale. L’Archevêché a recherché quels pourraient être les pans du dossier judiciaire Dutroux qui auraient été saisis lors des perquisitions. Et pour M. De Beukelaer, la réponse est simple. Ce ne peut-être que les DVD du dossier Dutroux, contenant tous les PV d’instruction, qui ont été donnés, à l’occasion du procès d’assises, aux avocats concernés. Ils ont abouti chez de nombreux journalistes et des personnalités avant de tomber dans les mains de ces "fous judiciaires" qui hantent les palais de justice, toujours à l’affût de dossiers croustillants qu’ils veulent monter en épingle. Un de ces "fous judiciaires" l’a envoyé à Mgr Léonard il y a quelques années. Récemment, après la démission pour pédophilie de l’évêque de Bruges, cet homme - que M. De Beukelaer ne veut pas nommer - a relancé Mgr Léonard. Ce dernier, ajoute-t-il, l’a alors transmis à la Commission Adriaenssens. Point.

D’autres fuites font état de rapports de magistrats qui auraient également été saisis en perquisition. Me Fernand Keuleneer ne peut accepter ces fuites. Il a écrit mardi, au nom de la Conférence épiscopale, aux autorités judiciaires. Au juge d’instruction ? Au parquet général qui vérifie la régularité du juge d’instruction ? Au ministre de la Justice ? Me Keuleneer ne veut le dire. Par ce courrier, il veut savoir qui diffuse ces informations, très préjudiciables à l’Eglise et au cardinal Danneels, et s’interroge sur leur véracité. Il n’a pas eu de réponse. Me Keuleneer se demande si l’enquête se poursuit dans la sérénité requise. "Je l’espère", dit-il avant d’ajouter qu’il y "a des incidents. Presque chaque jour, il y a des indiscrétions". L’avocat s’interroge : ces informations ne pourraient-elles pas avoir été distillées par des magistrats ou policiers qui violeraient ainsi le secret de l’instruction ou leur secret professionnel? "Si c’était le cas, ce serait grave. Cela deviendra très difficile de collaborer à l’enquête", prévient Me Keuleneer. Et de laisser entendre qu’il pourrait y avoir des "conséquences", sans toutefois préciser sa pensée. Mais l’on sait que de telles violations, si elles se vérifiaient, peuvent mettre en péril la poursuite d’une enquête judiciaire ou, à tout le moins, conduire à l’écartement de certains de ces acteurs.