Les francophones activent le conflit d'intérêt

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Belgique

Le parlement de la Communauté française est invité par l'ensemble des partis démocratiques francophones à voter une motion en conflit d'intérêt à la suite du vote mercredi en Commission de la Chambre de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Ce vote constitue aux yeux des partis francophones "une agression politique grave" qui "rompt l'équilibre national", selon les termes d'une déclaration commune lue mercredi dans les locaux du parlement de la Communauté.

Celui-ci se réunira vendredi pour voter la motion, ce qui aura pour effet de suspendre la procédure en cours sur la scission de BHV. Des motions de soutien seront votées dans d'autres assemblées francophones.

Pour le président du MR, Didier Reynders, le vote intervenu mercredi est "une rupture du Pacte entre les Belges". Ce point de vue est partagé par l'ensemble des partis francophones, a indiqué le président du PS, Elio Di Rupo qui a parlé d'un "vote historique extrêmement grave" mercredi à la Chambre. Cet acte "met en péril tout un équilibre d'un pays", a-t-il ajouté. Le vote de la motion suspendra la procédure et obligera à négocier entre les instances du nord et du sud du pays, a encore indiqué M. Di Rupo.

Après cet "acte politique d'agression de l'ensemble des Francophones", au-delà de la procédure en conflit d'intérêt, "nous attendons le retour au respect mutuel, à un Etat qui fonctionne pour l'ensemble des Belges", a dit la présidente du cdH, Joëlle Milquet.

"Aujourd'hui, le moment est important dans l'histoire de la Belgique", a indiqué le président d'Ecolo Jean-Michel Javaux, qui en a appelé au "sens des responsabilités". La coprésidente Isabelle Durant a ajouté qu'après cette "vraie rupture", il convenait de "rassurer les citoyens inquiets".

Le président du MR Didier Reynders a souligné que l'acte posé mercredi dépassait le cadre des négociations orange bleue qui sont "suspendues". Interrogé en marge de la déclaration, il a ajouté en substance que chacun se sentait un peu responsable de l'échec intervenu dans la négociation sur BHV au sein de l'orange bleue. "Nous étions quatre autour de la table qui n'avons pas réussi à trouver une solution", a-t-il précisé.

Pour Elio Di Rupo, "ce serait cependant faire un affront supplémentaire aux Francophones que de reprendre les négociations comme si l'événement qui venait de se produire était banal". Les partis francophones prendront attitude au début de la semaine prochaine, au-delà de la décision de voter une motion en conflit d'intérêt, a indiqué Didier Reynders. "Après cette imposition unilatérale, on suspend les négociations", a indiqué Joëlle Milquet. Selon la présidente du cdH, le vote de mercredi "ne restera pas sans conséquences, il y aura des suites".

Les partis francophones n'ont pas évoqué mercredi la possibilité de la sonnette d'alarme qui pourrait être activée à la Chambre au bout du processus enclenché par la motion en conflit d'intérêt qui suspend les travaux pour un maximum de 120 jours.

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