Belgique En attendant l’avis final du Vatican, le président de la branche belge s’est expliqué dans le "Standaard".

Selon certaines sources, le Vatican pourrait trancher cette semaine dans la controverse qui l’oppose depuis le printemps à la branche belge des Frères de la Charité. Pour rappel : ces derniers ont décidé de maintenir leur point de vue autorisant l’euthanasie de patients psychiatriques qui ne sont pas en phase terminale. Lors d’une récente conférence de presse, le conseil d’administration avait précisé que cette vision n’était nullement en opposition avec l’enseignement de l’Eglise. Raf De Rycke, le président du provincialat des Frères de la Charité a remis le couvert samedi dans une longue interview au "Standaard" où il revient sur les raisons qui amènent son institution à plaider pour permettre l’euthanasie à titre plutôt exceptionnel.

"Un bon texte avec une vision chrétienne"

D’emblée Raf De Ycke a dit sa conviction que "notre texte est un bon texte avec une dimension chrétienne. C’est pourquoi nous ne voyons vraiment pas de raison pour changer notre fusil d’épaule." Si l’institution fondée par le P.Triest a changé sa conception sur certaines fins de vie, c’est aussi parce qu’il est important de pouvoir rencontrer certaines situations de détresse.

"Si nous ne prenons pas en compte certaines demandes, il ne fait pas de doute que les patients iront chercher une solution ailleurs." Et de se demander si d’aucuns optent alors pour une fuite en avant par le suicide.

"Je m’exprimerai avec précaution sur la question mais nous pensons effectivement que certaines personnes malades y recourent parce qu’on ne leur permet pas de demander l’euthanasie. C’est dans cet esprit que nous avons sorti notre document : il faut oser parler davantage de la problématique." Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, Raf De Rycke y voit une piste pour qu’il y ait finalement moins d’euthanasies…

Un appel à la compréhension

En même temps, en clarifiant leurs positions, les Frères de la Charité répondront aussi aux nombreuses questions des membres de son personnel. "Il faut savoir que l’euthanasie pour des personnes souffrant de problèmes psychiques est quand même plus complexe que pour les malades qui ont des problèmes physiques." Pour l’heure, le président estime qu’il y a en moyenne une douzaine de demandes de personnes qui souffrent de troubles psychiques mais jusqu’ici on ne rencontre la demande en moyenne que pour deux d’entre elles. Raf De Rucke précise encore qu’il ne veut pas d’approbation de Rome mais simplement un peu de compréhension…