Belgique

Il y a des moments, au terme d'une vie politique où, oubliant l'homme d'Etat régional qu'on a failli être, on se lâche et on cause en se souvenant du sale gamin qu'on a été, du côté du quartier du Faubourg, à Charleroi-Nord. On a beau avoir été fils d'un ancien ministre par erreur, et avoir accédé aux plus hautes fonctions régionales, on n'en reste pas moins homme. Et homme de mots, sinon toujours de parole.

Et homme de gros mots, si la situation le requiert, si on se trouve devant son auditoire de prédilection et à bout d'autres arguments. Van Cau, lundi soir, à la réunion de la Fédération socialiste, s'est laissé aller à exprimer le fond d'une pensée qu'il contenait sans doute mal depuis trop longtemps. Des journalistes, notamment de l'audiovisuel, et notamment des femmes, ont eu le tort d'analyser la crise, et de donner la parole à Ingrid Colicis alors que, le doigt sur la couture du pantalon de l'affilié, ces journalistes-là auraient dû se contenter de consulter l'oracle-président de l'USC de Charleroi. Van Cau, en public, devant quelques dizaines de camarades dont certains ont tout de même semblé ébahis, a traité ces journalistes de «pétasses». Ni plus ni moins. Il est vrai qu'il y avait eu des précédents, mais qui provenaient cette fois de la base. Lors de la soirée qui avait vu le départ forcé de trois échevins empêtrés dans «La Carolorégienne», une consoeur de Télésambre, Sandra Guily, avait été traitée de « salope ». Il y a donc une évolution langagière, dont on attend impatiemment le prochain épisode, maintenant qu'elle a atteint les sommets de la hiérarchie socialiste communale. Le ton est donné.

On sait désormais, dans la profession, dans quelle estime Monsieur Jean-Claude Van Cauwenberghe tient une corporation qui, de scandale immobilier en ICDI en passant par la rénovation avortée, a fait son métier honnêtement, correctement et complètement. Cela entraînait le risque de déplaire. Les journalistes continueront donc à déplaire, obstinément.

© La Libre Belgique 2006