Belgique

Un dernier comptage doit tomber le 31 juillet, date limite de l'inscription des électeurs étrangers non européens aux élections communales du 8 octobre prochain. Mais, comme on l'a déjà écrit, les résultats ne sont pas folichons.

Ce qui a poussé, mardi, le ministre wallon des Affaires intérieures et de la Fonction publique, Philippe Courard (PS), à lancer un ultime appel aux personnes qui ne se sont pas encore manifestées. Le 1er août, il sera trop tard... L'étranger qui répond aux conditions requises (séjour légal en Belgique depuis 5 ans) n'est pas obligé de s'inscrire, mais doit le faire s'il souhaite voter et sera obligé de glisser un bulletin (ou une carte magnétique) dans l'urne s'il est inscrit.

Pour rappel (chiffres arrêtés au 15 juillet), le nombre potentiel de votants non européens en Wallonie est de 24 015 mais il n'y a que 1 889 inscrits, soit 7,87 pc des intéressés.

«Malgré une série de campagnes, l'engouement n'est pas celui que l'on attendait», constate le ministre qui s'est rendu, mardi, à La Louvière. Un «passeport pour l'électeur» a ainsi été distribué par le biais des Centres régionaux d'intégration (CRI). L'administration wallonne a aussi envoyé un courrier à chaque personne concernée et de nombreuses communes wallonnes ont fait de même.

Causes multiples

D'après les acteurs de terrain, les raisons de cette faible participation sont multiples. «Certains n'ont pas envie de se lancer dans les formalités administratives, beaucoup se demandent pourquoi on leur accorde ce droit maintenant alors qu'ils vivent depuis des années en Belgique. Ils connaissent aussi souvent mal le système et n'ont pas conscience de ce qu'implique leur droit de vote. D'autres encore ont la volonté de revenir au pays. Il n'y a pas une cause bien identifiée», explique Françoise Rondeau, directrice du Centre régional d'intégration de la région du Centre.

Un phénomène se fait toutefois sentir, précise-t-elle: les étrangers qui ont déjà accompli une démarche positive d'intégration, comme le suivi de cours d'alphabétisation, se montrent plus sensibles à ce droit.

Malgré ses piètres résultats, la Wallonie s'en tire pourtant mieux que les deux autres Régions. En Flandre, sur 42 690 électeurs non européens potentiels, 2 338 se sont inscrits, soit 5,48 pc. A Bruxelles, la proportion est encore un peu plus faible: sur 42 578 électeurs potentiels, seuls 2 174 se sont inscrits, soit à peine 5,11 pc.

© La Libre Belgique 2006