Belgique

Les Desiro, les nouveaux trains de la SNCB, fabriqués par l'allemand Siemens Transport, sont touchés par une panne tous les 8.000 kilomètres, ce qui signifie que chaque rame se voit confrontée à un problème technique une fois par semaine, rapportent mercredi le Knack et le Vif. Dénonçant ce manque de fiabilité, le patron de la SNCB, Jo Cornu, dit avoir interpellé à ce sujet le responsable de Siemens Transport. "Je lui ai demandé s'il serait heureux d'être en possession d'une voiture qui tombe en panne tous les 8.000 kilomètres." Jo Cornu a évoqué dans le Knack les différents défis auxquels sont confrontés les chemins de fer belges. La fiabilité des trains constitue, selon lui, "un des plus gros problèmes actuels". En moyenne, un train tombe en panne tous les 30.000 kilomètres alors que les Desiro connaîtraient une avarie tous les 8.000 kilomètres. "Le manque de fiabilité des trains pèse sur nos chiffres de ponctualité: dans 35% des cas où un train est en retard, cela est dû à du matériel peu fiable."

Cette situation "ennuie également Siemens, car cela leur coûte de l'argent. Cependant, le véritable problème est ancré plus profondément", poursuit M. Cornu. "En Europe, presque rien n'est standardisé pour les chemins de fer. Pour commander un train, nous vivons dans la mentalité du 19e siècle: toute société ferroviaire possède ses propres normes et règles en matière de sécurité, alimentation des trains, signalisation, etc.".

La SNCB a commandé les Desiro auprès de Siemens Transport en 2008. Les premières rames ont commencé à rouler sur le réseau belge en 2012. La société a commandé 305 trains, dont la plus grande partie a été livrée. La dernière livraison de Desiro est attendue en 2015. Les trains sont surtout utilisés comme omnibus autour de grandes villes telles que Bruxelles, explique Le Vif.

Jo Cornu évoque également la situation financière de son entreprise. "Nous avons accumulé aujourd'hui environ 2,7 milliards d'euros de dettes. Il faut faire quelque chose, étant donné le contexte de précarité budgétaire dans lequel évolue le fédéral. De sérieux efforts vont devoir être fournis, si on ne veut pas suivre le même chemin que la Sabena."

Concernant la politique tarifaire, l'homme évoque à nouveau la possibilité d'une stratégie de tickets commerciale, qui permettrait au client "de payer plus, ou moins, en fonction du moment de la réservation". Une telle politique contribuerait en outre à mieux remplir les trains. Pour réduire les dépenses, M. Cornu plaide pour une automatisation élargie, notamment dans la vente des tickets. Quant à savoir si la SNCB devait faire avec moins de personnel, le responsable répond: "pas avec moins de conducteurs ni d'accompagnateurs".

Il souhaite rester en dialogue avec les syndicats. "J'essaie de leur faire comprendre que nous augmentons la dette de 250 millions d'euros chaque année et que ça ne peut plus durer. Si on ne veut pas se retrouver hors-jeu, nous devons anticiper."

Refusant les derniers mouvements de grève "où environ 70% du personnel étaient présents et seuls 20% des trains roulaient", Jo Cornu n'est toutefois pas favorable à un service minimum qui serait couplé à une baisse de la dotation au cas où ce service minimum prévu n'est pas assuré. Selon lui, la SNCF peut constituer un exemple pour la mise en place d'un service minimum. Au sein de la compagnie française, chaque membre du personnel doit faire savoir à l'avance s'il prend part ou non au mouvement de grève.