Belgique

Au lendemain du congé de Carnaval, le lundi 10 mars, démarrera la première phase des inscriptions en 1ère secondaire pour l’année 2014-2015. Pendant trois semaines (du 10 au 28 mars), les familles pourront déposer le formulaire unique d’inscription dans l’école de leur premier choix.

"Au début, je n’avais pas imaginé que ça arriverait , confie Françoise Bertieaux, cheffe de groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), mais le décret Inscriptions va se croiser avec la question de la création des places d’urgence."

Inquiétude

Rappel, les ministres Nollet (Bâtiments scolaires, Ecolo) et Antoine (Budget, CDH) ont lancé un Plan d’urgence de création de 13 750 places d’écoles à Bruxelles et en Wallonie, dont 11 250 dans le fondamental et 2 500 dans le secondaire. L’ouverture de ces nouvelles places a été ventilée en trois phases : 1° des pavillons modulaires mobiles (à Bruxelles, cela représentera 975 places, dont 800 dans le fondamental et 175 dans le secondaire); 2° des modules fixes (soit 2 400 places à Bruxelles); et 3° des travaux légers de rénovation/extension.

"Selon M. Nollet, une bonne partie des places modulaires - mais, pour l’heure, on ignore dans quelles écoles et quelles rues précisément - devraient être ouvertes pour le mois de septembre , relaye Mme Bertieaux. Mais la procédure d’inscription dans le secondaire va bientôt commencer et, pour ce faire, les écoles ont dû déclarer leur nombre de places le 31 janvier. Il y a une certitude : le nombre de places déclarées ne correspond pas au nombre de places prévisibles en septembre."

Son inquiétude ? "Au fur et à mesure de la construction des nouvelles écoles et de l’ouverture de places supplémentaires , poursuit l’élue MR, cela va modifier les indices que les parents ont calculés" (NdlR : l’indice composite, calculé selon plusieurs critères, géographiques notamment, permet de départager les demandes d’inscription surnuméraires dans les écoles dites "complètes" en 1ère secondaire). Explication : "Lorsque les parents vont remettre le formulaire unique d’inscription, ils ne sauront pas si, au moment où la procédure devra aboutir - pour certains enfants, cela aboutira assez vite, mais, pour d’autres, ils seront sur une liste d’attente -, leur indice ne sera pas modifié par la création d’une nouvelle école."

Un précédent en 2008

Le cas s’est déjà posé, en 2008. "Des parents s’étaient vu accorder le droit de recalculer leur indice , se souvient Mme Bertieaux, parce qu’une nouvelle école primaire à Molenbeek était venue s’implanter entre l’établissement secondaire de leur première préférence et leur domicile (NdlR : l’école primaire la plus proche du domicile de l’enfant octroie une meilleure pondération dans le calcul de l’indice composite) , mais c’était un cas d’une école à Molenbeek tandis qu’ici, on va avoir plusieurs cas de plusieurs écoles dans toute la région ! Donc, si on reprend la jurisprudence, on devrait avoir une multiplication des cas de parents qui seront en droit de demander de recalculer leur indice."

Conséquences ? "Certains enfants seront rétrogradés dans le classement parce qu’une école se sera interposée entre l’école secondaire de leur premier choix et eux , détaille la cheffe de groupe, d’autres, seront upgradés parce que la configuration géographique aura changé. Enfin, certains parents n’auront pas indiqué sur leur formulaire d’inscription une école qui n’existe pas encore et dont on ne leur annonce pas encore aujourd’hui qu’elle existera."

Le décret s’adapte "par nature"

Face à la perspective de "cette pagaille" , Françoise Bertieaux est "convaincue" que dans l’état actuel du décret Inscriptions "on ne sait pas régler ces questions" . Voilà pourquoi "elle appelle de ses vœux" la ministre de l’Enseignement Marie-Martine Schyns (CDH) "à trancher par voie décrétale" ces questions. Sinon, "je crains un été d’enfer"

Au cabinet Schyns, on assure, par contre, que "par nature, le décret Inscriptions s’adapte à toutes les situations d’augmentation de places. Les élèves entrent dans le système en fonction du classement et de l’ordre des listes d’attente. Et cela peut se faire jusqu’à la rentrée scolaire" . Un dispositif "au bénéfice de tout le monde, fût-ce indirectement"