Belgique Selon Marie-Christine Marghem (MR), ils jugent "non valable" l’étude de la Creg préconisant un soutien réduit de moitié.

On le sait, la Belgique aura besoin de ses neuf parcs d’éoliennes en mer du Nord pour respecter ses engagements climatiques de 2020. Actuellement, trois parcs offshore sont entièrement opérationnels : Northwind, C-Power et Belwind. Quant à Nobelwind, il devrait être à 100 % opérationnel au cours des prochains mois.

Deux autres parcs (Norther et Rentel) ont trouvé un accord avec la ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), en juin dernier, sur le niveau de subsides dont ils bénéficieront. Ils devraient produire leurs premiers électrons en 2018.

Il reste à la ministre à négocier avec les promoteurs des trois derniers parcs pour boucler la boucle. Cela ne se passerait cependant pas bien du tout. En cause ? Une étude de la Creg, le régulateur fédéral de l’énergie, qui est arrivée à la conclusion que ces trois parcs pourraient s’en tirer avec un prix garanti de l’électricité de 62 à 64 euros par MWh. Soit la moitié de ce que Norther et Rentel ont obtenu en juin dernier. "Nous avons vu les représentants de Mermaid et de Seastar au mois de janvier, nous explique Marie-Christine Marghem. Selon eux, l’étude de la Creg n’est pas valable. Ils ont proposé de mener leur propre étude mais je n’ai encore rien reçu. Quant aux représentants de Northwester 2, ils ne sont pas d’accord de recevoir un subside coupé en deux. On peut les comprendre, à quelques mois près ils auraient pu avoir le même soutien que Norther et Rentel…"

Le projet Mermaid est aux mains d’Engie à 35 % et du consortium Otary pour le reste. Ce dernier est composé de huit actionnaires à parts égales dont la région wallonne, les communes wallones et… Nethys. Le projet Seastar est, lui, détenu à 100 % par le consortium Otary. Quant au projet Northwester 2, il est aux mains de plusieurs actionnaires dont Colruyt à 30 %.

Pas de mise en concurrence

Marie-Christine Marghem n’est cependant pas dans une situation idéale pour négocier avec les trois promoteurs. Le problème est que la Belgique a octroyé ses concessions avant de négocier les subsides. Il n’est donc pas possible, comme dans d’autres pays, de mettre en concurrence les promoteurs et de choisir celui qui accepte le plus petit soutien.

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Mais cette situation pourrait changer. La ministre de l’Energie envisage de se passer des promoteurs récalcitrants. "En collaboration avec Philippe De Backer, le secrétaire d’Etat à la mer du Nord, nous étudions la possibilité juridique de casser ces concessions", nous confie la ministre. Autrement dit, si les trois prochains parcs ne se contentent pas de subsides rabotés, ils pourraient être privés de leur concession. Il reste à savoir quel dédommagement les parcs pourraient réclamer à l’Etat.

Des milliards d’euros en jeu

Les négociations en cours auront un impact important sur la facture des consommateurs. Ces derniers financent en effet les subsides à l’éolien offshore via une surcharge dans la facture d’électricité. Par exemple, les subsides déjà réduits de Norther et Rentel devraient coûter plus de 5 milliards d’euros sur 19 ans. Or, ces deux parcs représentent moins de 30 % de la capacité des neufs parcs éoliens en mer du Nord. Précisons que le niveau des subsides est difficile à chiffrer précisément. En effet, le gouvernement s’est engagé à combler la différence entre le prix de vente de l’électricité sur les marchés et le prix garanti aux actionnaires. Plus l’électricité est chère, moins l’Etat doit combler la différence.

Si on parle en milliards d’euros, la facture des ménages ne devrait cependant pas exploser dans des proportions aussi spectaculaires. Pour les trois parcs éoliens actuellement en fonctionnement, le consommateur paie environ 15 euros par an de surcharge. Lorsque les neuf parcs seront opérationnels, la facture pourrait grimper juqu’à 45 euros par an.