Belgique

Les pédiatres sont fâchés contre Maggie De Block (Open VLD). Jeudi, l’Académie belge de pédiatrie a écrit à la ministre de la Santé publique pour lui dire tout le mal que la profession pensait de son projet de loi prévoyant la forfaitarisation des soins à basse variabilité. Une des activités médicales reprises dans ce projet, approuvé en 2e lecture au Conseil des ministres, concerne l’accouchement et tous les soins qui l’entourent, y compris ce qui concerne le nouveau-né, toujours considéré comme “un appendice de la maman” non reconnu juridiquement, écrit l’Académie.

Moins grave qu'une dent de sagesse ?

Selon elle, si un nouveau-né en bonne santé ou avec de petits problèmes comme une jaunisse peut entrer dans les soins à basse variabilité, ce n’est pas concevable s’il présente des complications (déchirure du placenta, étranglement par le cordon, prématurité,...) qui nécessitent une admission en soins néonataux semi-intensifs. Or, le projet considère ces soins en néonatologie comme des soins à basse variabilité. “Ils sont même évalués à un degré de sévérité moindre qu’une extraction d’une dent de sagesse”, dénoncent les pédiatres. Pour eux, il est inadmissible que le degré de gravité de prise en charge du nouveau-né admis en néonatologie soit établi en fonction de l’état de la maman, sans prise en compte de ses caractéristiques propres.

Enfants et mamans arrachés à leur environnement habituel

La nouvelle loi va pénaliser les services néonataux semi-intensifs qui ont investi dans des soins performants et étendus, prédisent les pédiatres, selon lesquels les nouveau-nés semi-critiques seront transférés plus rapidement dans des centres de soins intensifs néonataux, et ce pour de simples raisons de financement insuffisant.

Au bout du compte, les mamans et leurs nouveaux-nés seront plus fréquemment arrachés à leur environnement habituel, concluent les pédiatres, qui demandent le retrait de ces soins de la liste des soins à basse variabilité.

De Block dément

La ministre de la Santé a réagi jeudi soir à cette lettre, pour corriger les informations données par les pédiatres. "Dès qu'il y a une complication, explique la porte-parole de Mme De Block, on repasse bien entendu à la facturation à l'acte (et non plus au forfait, ndlr). Et c'est basé sur l'état de santé du bébé, pas de sa maman."