Belgique

Ils s’en plaignent massivement mais le ministre de l’Intérieur ne les entend que partiellement.

Il y a de la friture sur la ligne entre le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA), certains officiers de police et les syndicats.

Un audit de la police de Louvain, relayé vendredi par "Het Laatste Nieuws", vient de révéler que les policiers louvanistes ont peur de partir en mission car ils craignent d’être l’objet de plaintes puis de sanctions pour un oui ou pour un non.

Agents contrôlés et pommes pourries

Ce sentiment serait partagé dans d’autres zones. "Nos agents sont exagérément contrôlés", a affirmé Nicholas Paelinck, chef de corps de la zone La Panne-Coxyde-Nieuport et président de la Commission permanente de la police locale. Celui-ci plaide pour un seul organe de contrôle.

Réplique du ministre : "Nous formons nos agents de police avec le plus grand soin et nous devons donc leur accorder notre confiance maximale mais quand il y a des excès, comme cela peut arriver dans tout secteur, alors les pommes pourries doivent être retirées du panier." Par ailleurs, Jan Jambon ne voit aucun intérêt à fusionner les organes de contrôle, à savoir le Comité P et l’Inspection générale.

Mais les syndicats n’en démordent pas. Selon Vincent Houssin, du SLFP Police, au lieu de brandir des sanctions disciplinaires, la hiérarchie et les politiques devraient faire davantage confiance au personnel de police. Selon lui, les contrôles excessifs ne se limitent pas à Louvain. "Les policiers sont les criminels les plus surveillés du pays […]. Caméras corporelles, écoutes des conversations téléphoniques au dispatching, tout cela a été instauré soi-disant pour des raisons de sécurité mais en réalité, les personnes sont constamment contrôlées et sous la menace de sanctions disciplinaires. Résultat : les policiers appliquent les ordres à la lettre, sans plus prendre d’initiative", déplore-t-il.

Belles promesses

"La pression sur la police est bien trop élevée. Par contre, le respect a disparu", renchérit Thierry Belin, secrétaire national du Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS). Selon lui, les policiers ne "sont plus seulement tournés en ridicule, insultés et humiliés mais ils sont également placés sous un contrôle strict d’au moins quatre services de contrôle".

"Les insultes, les coups et blessures, les menaces de mort et les meurtres de policiers restent souvent sans suite", poursuit-il, regrettant que la condamnation de tels actes se limite souvent à des "mots ou de belles promesses".

Vincent Houssin réclame un changement de mentalité de la part des autorités alors que le SNPS appelle le ministre de l’Intérieur à "entreprendre de toute urgence des actions […]. La police est un des piliers de notre démocratie et pas le défouloir sur lequel chacun peut cracher son venin".