Belgique

Plus de trente ans après sa reconnaissance officielle comme culte (c'était en 1974), la religion musulmane connaît depuis mardi ses premières mosquées reconnues et, dans la foulée, aura ses premiers traitements d'imams pris en charge par la collectivité. La signature sur les mosquées chez le ministre wallon Philippe Courard (PS), mardi à Namur, est donc un événement historique pour le deuxième culte en nombre potentiel de fidèles en Belgique.

Depuis la régionalisation surprise de la loi communale, l'organisation des cultes est un... sacré méli-mélo. L'Etat fédéral reste en effet compétent pour l'organisation de la laïcité, la reconnaissance des cultes, les traitements et pensions de leurs ministres; la Région est devenue compétente pour les réglementations et tutelles sur les fabriques d'églises et établissements assimilés, pour la reconnaissance des paroisses et entités similaires; les pouvoirs locaux (pour l'islam, ce sont les provinces) le sont pour la couverture des déficits et l'entretien des bâtiments. Autrement dit, une Région reconnaissant des lieux de culte et communautés à tout va pourrait décoller des cadres fédéraux (et locaux) de financement. Voilà pourquoi, accord de coopération à l'appui, les procédures doivent progresser en parallèle. La ministre fédérale des Cultes, Laurette Onkelinx (PS), avait d'ailleurs remis un avis favorable aux reconnaissances d'hier.

Précisément, avant la Flandre et Bruxelles, la Région wallonne a reconnu mardi 43 mosquées, essentiellement turques; 5 demandes n'ont pas eu de suite, après avis négatif de la Sûreté de l'Etat. Au pouvoir fédéral de prendre le relais, d'une part en publiant l'attribution de desservants aux communautés islamiques ainsi reconnues; d'autre part en instruisant les dossiers individuels de traitements d'imams identifiés à introduire par l'Exécutif des musulmans de Belgique.