Les profs garderont leur "préretraite"

Laurent Gérard Publié le - Mis à jour le

Belgique

Ils ont 55 ans ou plus. Ils ont donné cours durant une trentaine d'années. Ils sont fourbus. Ils n'en peuvent plus et n'attendent plus qu'une chose : l'âge de la retraite. Pour ces profs, existe en Communauté française un système d'allégement de fin de carrière. Il leur permet de réduire leur temps de travail, voire d'arrêter totalement leur job, tout en continuant à percevoir de la Communauté française une sorte de salaire d'attente de la pension de retraite. Une somme variable selon l'ancienneté, et qui équivaut environ à 50 pc du salaire.

Un système qui coûte cher

Ce système des DPPR - pour disponibilité précédant la pension de retraite -, très populaire dans les salles des profs, est entré en vigueur dans les années 90, quand Laurette Onkelinx (PS) était leur ministre. Il s'agissait notamment de compenser les rationalisations opérées dans le secondaire. Un système qui coûte cher à la Communauté (2,5 pc de la masse salariale enseignante globale, selon le ministre actuel), que certains aimeraient bien liquider, mais qui devrait être prolongé au moins jusqu'au 31 décembre 2011.

C'est l'un des points qui figurent en effet dans la proposition de convention sectorielle que le gouvernement vient de faire aux syndicats et que "La Libre" a pu lire. Pour dissuader les enseignants de succomber aux "joies" (toutes relatives, vue la perte de salaire) de la préretraite, il est toutefois également prévu un incitant salarial pour les enseignants de plus de 57 ans.

Et pour les jeunes profs

Autres avancées, selon les responsables syndicaux : des mesures valorisant les débuts de carrière, destinées à maintenir, et à attirer les jeunes dans la profession; la rémunération des heures supplémentaires au-delà de la plage horaire maximum; le remboursement intégral (et non plus partiel) des frais d'abonnement "transports publics"; une augmentation de l'encadrement dans l'enseignement spécialisé;...

Le 20 juin, les syndicats rendront un avis définitif sur le projet de convention. Même si les conditions de travail dans les 2e et 3e degrés du secondaire restent difficiles et si les syndicats tenteront encore d'obtenir l'une ou l'autre avancée, et sans préjuger de la réponse que fournira la base, il est permis de penser que cet avis sera positif. Les enseignants qui arrivent à l'âge de 55 ans pourront alors pousser un grand "ouf" de soulagement.

Laurent Gérard

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