Belgique

Des élus de l'est de la périphérie bruxelloise s'inquiètent des projets d'extension de capacité de l'aéroport national de Bruxelles. L'un d'entre eux -le député Eric Van Rompuy (CD&V)- demande à "Brussels Airport Company" (BAC) de les retirer car ils créeraient dans la population une "énorme inquiétude" et hypothéqueraient le soutien local à la future loi aérienne. 

La semaine passée, BAC a organisé des soirées d'information à Steenokkerzeel et Kortenberg, deux communes du Brabant flamand, consacrée à une proposition d'allongement de la piste de décollage 25L en direction d'Erps-Kwerps et de l'aménagement d'une "taxiway" supplémentaire. Or, selon le député, il appartient au gouvernement fédéral et au parlement de déterminer dans une nouvelle loi aérienne où les avions peuvent aterrir ou décoller. BAC n'a, dit-il, aucune compétence dans ce domaine.

"Aucun parti flamand de la majorité ou de l'opposition ne soutient ces plans. Ils ne figurent même pas à l'ordre du jour des négociations au sein du gouvernement", a souligné M. Van Rompuy, ex-échevin de Zaventem. "BAC veut par ses propositions déplacer les plans de vol vers la périphérie flamande à l'est pour éviter Bruxelles. De ce fait, quasi la moitié des avions pourraient décoller en direction de Louvain, avec des conséquences néfastes pour Kortenberg, Steenokkerzeel, Herent et, direction Zaventem-Centre, Sterrebeek et Tervuren".

Le député a interrogé jeudi passé le ministre de la Mobilité, François Bellot, à la Chambre à ce sujet en compagnie du député-bourgmestre de Hoeilaart, Tim Vandeput (Open Vld). Si ce dernier s'est montré moins virulent que son collègue, il n'en a pas moins appelé à la mise en oeuvre de solutions technologiques avant d'évoquer des expropriations ou le bétonnage d'espaces verts. "Pour nous pas de prolongation et pas d'expropriation", a-t-il ajouté.

Le ministre s'est montré très prudent. BAC est une société privée qui n'est pas placée sous sa tutelle et il s'agit de plans à l'horizon 2040. "BAC prépare son avenir. Comme les autres sociétés privées, elle doit le faire dans le cadre de la loi qui est d'application, par exemple, pour l'octroi des permis", a-t-il dit. "La société communique sur ce processus de la manière qu'elle souhaite".

Le débat a pris un tour plus vif quand M. Van Rompuy a pointé du doigt la responsabilité du président de BAC, Marc Descheemaecker, ex-candidat N-VA, qu'il a accusé de "miner" la politique du gouvernement dans ce dossier.