Belgique

Le thème de la Belgian Pride 2018 est "Your Local Power !". Elle aura lieu le 19 mai et, en prévision des élections communales, s'axera sur les communes et villes. La Pride entend encourager les administrations communales à mener une politique locale qui favorise explicitement l'intégration des LGBTI+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes). Dans la présentation de l'édition de cette année, les organisateurs demandent notamment aux politiciens locaux : "que faites-vous pour améliorer la vie de notre diversité au quotidien ?"

Cette année, comme depuis 2012, les Rainbow Cops seront présents à la Belgian Pride. L'association oeuvre au sein de la police afin de défendre les droits des personnes LGBT. Les policiers bénévoles qui composent cette organisation pourraient être une première réponse à la requête soulignée par la Pride 2018, car ils dépendent du niveau communal.

Yannic Lecomte, président de la Rainbow Cops Belgium, précise le rapport entre l'organisation et les communes. "On ne collabore pas directement avec la commune mais le bourgmestre a une autorité administrative sur sa police locale. Si le bourgmestre veut que les agents de police soient sensibilisés et formés à la thématique LGBT, il va émettre ses souhaits auprès de son chef de corps qui devra mettre en place une politique de diversité. Si des budgets doivent éventuellement être dégagés pour que les policiers suivent une formation, il faut l'accord de la commune qui la financera ou non."

Une ASBL fédérale

L'organisation est présente sur tout le territoire belge. Son siège social est basé à la Rainbowhouse. Située à quelques pas du commissariat central de Bruxelles, elle est un lieu d'accueil et d'information pour les personnes LGBTQI. Rainbow cops a été constitué sur base de l'expertise de la European LGBT Police Association (EGPA), qui regroupe 15 pays. En 2010, une enquête a été menée au niveau fédéral par le service "diversité" de la police fédérale belge. La question était de savoir comment les policiers appréhendent la réalité sociale que représente la communauté LGBT, notamment au sein de la police. Le résultat de l'enquête n'a pas démontré de problème significatif mais un certain mal-être dépendant de la politique de diversité mise en place, ou pas, par certains chefs de corps.

Des actions internes et externes

"En interne, nous faisons essentiellement de la formation et de la sensibilisation", explique Yannic Lecomte. "Nous allons dans les écoles de police pour sensibiliser tout le monde. Il est important de sensibiliser aussi bien la base que la tête, hiérarchiquement parlant. Si un inspecteur de base veut mener une politique de diversité mais qu'il n'est pas suivi par sa hiérarchie, il va se sentir seul et se décourager. La sensibilisation se fait dans toutes les écoles de police du côté francophone pour le moment. Nous allons commencer cette année dans les écoles néerlandophones. Nous allons également dans les zones de police à la demande de certaines d'entre elles. Nous allons dans les classes qui sont en général composées d'une vingtaine d'élèves. Sur les deux dernières années, Nous avons donné une centaine d'heures de formation."

En externe, les Rainbow Cops sont présents à toutes les grandes manifestations. "C'est très important d'être sur le terrain. Pour une personne qui a été victime d'un fait lié à son orientation sexuelle, ou à son identité de genre, qui a été agressée, victime de harcèlement, il est très difficile de passer la porte d'un commissariat de police. Nous sommes là pour donner une image positive et valorisante de la police en montrant qu'elle travaille sur ces questions. Nous donnons des outils, notamment un folder avec des conseils destinés à des potentielles victimes. Souvent nous recevons des mails de personnes qui ne veulent pas déposer plainte dans un commissariat de police, qui ont un a-priori négatif de la police et le fait de savoir que nous écoutons les encourage. Nous sommes parfois le lien entre la victime et le commissariat de police. C'est rassurant aussi pour un futur candidat à la police qui est LGBT et se demande s'il pourra se réaliser pleinement en tant que policier. Certains sont venus nous parler à ce genre de manifestation et ont décidé d'entamer les démarches pour entrer à la police."

A la Belgian Pride de mai, l'équipe présentera un petit jeu interactif sur les lois anti-discrimination, sur l'arsenal judiciaire qui peut exister pour défendre les droits de personnes LGBT. C'est pour eux une manière de rencontrer le public et de l'informer sur ses droits en tant que victime.