Belgique

On a appris, vendredi après-midi, qu'une enquête de la section spécialisée de la police fédérale et du juge d'instruction bruxellois Michel Claise, menée de pair avec le parquet fédéral, venait d'aboutir à la mise sous scellés du siège belge de l' "Eglise" de scientologie, rue du Général Mac Arthur à Uccle (Bruxelles).

En cause : des faits qui relèvent de l'escroquerie ainsi que de la commission de faux et de leur usage, au moins.

Si des saisies ont été opérées, le magistrat instructeur n'a pas délivré de mandat d'arrêt, à cette occasion, et n'a pas prononcé d'inculpation, a appris "La Libre".

En tout cas, c'est de travail qu'il était question. Ou, plutôt, de petites annonces et de... recrutement. Plusieurs plaignants avaient signalé qu'une annonce du "Vlan" proposait une fonction d'aide administratif. D'autres avaient évoqué une affiche "On embauche !" apposée sur la vitrine de ce siège.

Toutes ces personnes, souvent des chômeuses et chômeurs en quête d'emploi, en téléphonant, étaient d'abord amenées à croire à un contrat d'emploi.

Las : il s'agissait en réalité de l'un des pièges que l' "Eglise" de scientologie, qui passe pour une organisation sectaire en Belgique et dans beaucoup d'autres pays, développe pour recruter des membres.

Car, en fin de compte, c'est un "agrément de collaboration" qui était proposé aux candidates (ce sont surtout des dames qui étaient attirées par l'annonce). Un document sans rapport avec un contrat de travail. Et où il n'est pas question de rémunération : plutôt que de gagner de l'argent, les candidats travailleurs pouvaient s'inscrire à une "formation" des scientologues et leur donner un coup de main (gratuit).

Myriam Zonnekeyn, présidente belge de cette "Eglise", a même précisé vendredi soir à la RTBF (émission "Au Quotidien") avoir déjà ainsi recruté une centaine de personnes. Vrai ? Faux ? Toujours est-il que dans aucun cas il n'y ait un rapport réel avec l'offre alléchante, avec "On embauche !"

Eh bien, la justice y voit donc faux et usage ainsi qu'escroquerie, et cela pourrait tôt ou tard déboucher sur une augmentation du dossier répressif pourtant déjà lourd qui pèse sur les scientologues belges.

On se souvient que le parquet fédéral, en septembre dernier, avait retenu contre l'"Eglise" et plusieurs de ses membres des préventions d'extorsion, d'escroquerie, d'exercice illégal de la médecine, d'entrave à la pratique de la médecine, de non-assistance à personne en danger, d'infractions à la loi sur le commerce (pratiques malhonnêtes, clauses contractuelles abusives), d'infractions à la loi sur le respect de la vie privée, d'association de malfaiteurs et, enfin, d'organisation criminelle ! Ce qui fait beaucoup...

Courriels suspects

Au mois de décembre dernier déjà, les femmes étaient dans le collimateur de l'organisation sectaire. D'étranges mails circulaient, s'adressant à celles qui seraient victimes d'une "position stressante", du "manque de temps", de la "difficulté à concilier vies familiale et professionnelle", etc. : "Quelque chose peut être fait !" annonçait le courriel. Comme à Uccle : lire les préceptes du gourou-fondateur de la scientologie et devenir adepte...