Les syndicats s’opposent aux "interpôles" universitaires

Alice Dive Publié le - Mis à jour le

Belgique Contre-pied

Après les universités, hautes écoles et étudiants, c’était au tour des organisations syndicales de s’exprimer, ce jeudi, au sujet de la réforme en cours relative au paysage de l’enseignement supérieur.

Invités par le cabinet du ministre compétent, Jean-Claude Marcourt (PS), pour une quatrième et ultime rencontre formelle, les syndicats ont ainsi fait part de leurs positions et présenté leurs revendications respectives dans le cadre de ce dossier visiblement toujours sensible.

Pour rappel, le projet ministériel prévoit la mise en place d’une structure à trois niveaux comprenant : une Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares) regroupant tous les acteurs de l’enseignement supérieur, chargée de la visibilité de ce dernier sur la scène internationale et du pilotage de l’ensemble des universités et hautes écoles, écoles supérieures des arts et établissements de promotion sociale ; cinq pôles géographiques (Brabant wallon, Bruxelles, Liège-Luxembourg, Hainaut et Namur) respectivement centrés sur l’UCL, l’ULB/Université Saint-Louis, l’ULg, l’UMons et l’Université de Namur, et s’occupant des matières liées au sol, aux services et aux infrastructures ; enfin, trois zones académiques dites "interpôles" (Liège-Namur-Luxembourg, Bruxelles-Brabant wallon, et Hainaut), essentiellement focalisées sur l’aide à la réussite et pouvant rendre des avis sur les nouvelles habilitations dans l’enseignement supérieur de type court.

Une "lasagne" qui passe mal

Mais voilà, force est de constater que cette structure "lasagne", comme certains la surnomment déjà, est loin de faire l’unanimité au sein des rangs syndicaux. C’est ainsi que sur les huit organisations syndicales présentes (CGSP-E, CSC-E, SLFP-E, Sel-Setca, CNE, APPEL, CGSP-Amio et CSC-Services publics) ce jeudi, la moitié d’entre elles s’est exprimée en faveur d’une suppression pure et simple des trois zones académiques ou "interpôles", les quatre autres préférant ne pas se prononcer sur ce point.

Estimant que "cette troisième couche n’apporte rien d’utile aux deux premières - Ares et pôles donc - mais ne fait qu’alourdir encore un peu plus la machine administrative", CGSP-E, CSC-E, SLFP-E et CGSP-Amio ont ainsi manifesté leur volonté de revenir à un modèle à deux niveaux, tel que proposé initialement dans la première monture. "Ces interpôles, c’est un accord purement politique pour contenter l’UCL et quelques hautes écoles du libre", nous lâche une source.

Du côté de la CGSP-E, on estime que les deux compétences principales des "interpôles" - aide à la réussite et avis sur les nouvelles habilitations dans l’enseignement supérieur de type court - doivent revenir dans le giron de l’Ares. Même son de cloche dans les rangs de la CSC-E "qui ne voit pas pourquoi les habilitations de type court relèveraient de la compétence d’une autre instance que celles de type long".

Vers la mise en place d’un "comité de suivi"

Parallèlement à ce débat autour de l’existence même des "interpôles", la question du statut juridique de l’Ares (fondation d’utilité publique ou OIP ?) et des pôles (ASBL ou structure publique ?), ainsi que celle du financement de la réforme, et de la représentation des organisations syndicales au sein des différents organes ont également été abordées. C’est "précisément pour y répondre" que le cabinet Marcourt a donné son feu vert à la mise en place d’un "comité de suivi" de cette réforme.

A présent, la concertation formelle avec les acteurs de terrain est officiellement terminée. Le ministre Marcourt espère revenir "vers la fin du mois" avec leurs avis au gouvernement, pour un vote au Parlement à la rentrée académique prochaine.

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