Belgique Les taxis bruxellois, rejoints par des confrères européens, annoncent une manifestation d’envergure ce mardi.

"Brûle en enfer Uber", "le face-à-face sera terrible", "nous allons mettre la place Schuman à terre". La manifestation des taxis prévue à Bruxelles ce mardi 27 mars (voir ci-dessous) a déjà débuté sur les réseaux sociaux. Et elle s’annonce musclée, si l’on en croit les propos de certains chauffeurs. Dans ces paroles d’avant-manifestation, ce sont les Français qui sont les plus virulents. Car si cette action est à l’origine belge, ce sont plusieurs centaines de taxis venus d’un peu partout en Europe qui sont attendus à Bruxelles ce mardi.

Tous ont un ennemi commun : la plateforme de VTC (location de voiture avec chauffeur) Uber qui, selon eux, menace leur métier en exerçant une concurrence jugée déloyale. En Belgique, c’est la troisième mouture du plan Taxi (voir ci-dessous) qui a mis le feu aux poudres. Ou plutôt le plan Uber, comme le surnomment les chauffeurs de taxis, tant celui-ci fait, selon eux, la part belle au géant américain.

"Le ministre Pascal Smet (SP.A), en charge du dossier, veut nous confisquer nos licences, explique Sam Bouchal, le secrétaire général de la Fédération belge des taxis (Febet). Nos collègues européens voient ce plan bruxellois comme un dangereux précédent pour l’Europe, car c’est la porte ouverte à l’ubérisation de la société, le retour au XIXe siècle et au travail à la tâche. C’est pour lutter contre cela qu’ils viennent à Bruxelles."

En décembre et en janvier derniers, les taxis bruxellois avaient déjà effectué plusieurs actions symboliques contre ce plan. "Vu que nous n’avons pas été entendus, on doit hausser le ton, avec une grande action de blocage de la ville", poursuit M. Bouchal qui réfute tout appel à la violence lors de cette manifestation. Selon lui, les propos menaçants de certains sur les réseaux sociaux, ne sont ainsi "que des paroles d’une seule personne qui se dit chauffeur de taxi en France". "Et on ne connaît pas cet individu", insiste le secrétaire général.

"Après les taxis, les comptables ?"

Pour le reste, M. Bouchal veut donner le "moins d’information possible" sur l’action de ce mardi en vue d’une "meilleure efficacité". "Les alentours de Bruxelles seront très, très fortement impactés. L’idée, c’est de tout bloquer et on s’excuse déjà auprès des citoyens pour l’impact qu’aura cette action sur leur quotidien." Mais selon le représentant des taxis, "seul le ministre Smet" porte la responsabilité du chaos prévu ce mardi. Les taximen demandent d’ailleurs sa démission (voir ci-dessous). "Au-delà de la problématique du dumping, de la tricherie et de non-réglementation des transports rémunérés à Bruxelles, nous menons un combat d’avant-garde fondamental que nous ne pouvons pas perdre, insiste M. Bouchal qui compare les taximen à la "première pièce du domino". "Ce n’est pas l’innovation contre l’archaïsme, comme le prétend Uber. Si nous perdons cette bataille, ce sont, au contraire, 100 ans de construction sociale qui vont s’effondrer d’un seul coup. Cela fera tache d’huile et l’ubérisation touchera ensuite le secteur de l’aide à la personne, les comptables… bref toutes les professions réglementées", conclut le secrétaire général.