Belgique Fumée blanche

Cette fois, ça y est. Paraît-il. La réforme du paysage de l’enseignement supérieur est bel et bien sur les rails.

Ce jeudi matin, en Conseil des ministres restreint (kern) du gouvernement de la Communauté française, un accord politique a été trouvé entre les membres de la majorité - PS, CDH, Ecolo - au sujet de l’avant-projet de décret du ministre compétent, Jean-Claude Marcourt (PS), réorganisant l’enseignement supérieur.

Au terme de plusieurs mois de discussions, de négociations et de confrontations aussi, le PS et le CDH, principaux adversaires dans ce dossier sensible, sont parvenus à trouver un terrain d’entente sur la question jusqu’ici irrésolue, celle des "pôles géographiques" et de l’insécabilité de la zone Bruxelles-Brabant wallon exigée par l’Université catholique de Louvain. S’estimant lésées dans la négociation, l’UCL et une demi-douzaine de hautes écoles de l’enseignement libre s’étaient en effet fermement opposées au projet ministériel.

Mais voilà. Désormais, les membres de la majorité gouvernementale ont accordé leurs violons. Quelles sont dès lors les grandes lignes de la réforme ?

La structure s’organisera finalement en trois niveaux :

1Une structure faîtière unique, l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares).

Présentée comme le "noyau dur" de cette réforme, l’Académie unique regroupera l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur "afin de compléter et de coordonner au mieux l’offre d’enseignement supérieur en Communauté française". S’inscrivant dans une logique de "recherche permanente de l’excellence", elle entend ainsi contribuer à l’amélioration de la visibilité de notre enseignement supérieur sur le scène internationale. Aux yeux de ses concepteurs, l’Ares constitue l’organe principal de cette nouvelle structure, un organe de pilotage chapeautant les deux autres (pôles géographiques et zones académiques "interpôles").

2Cinq pôles académiques d’enseignement supérieur (Paes).

Respectivement centrés sur l’UCL, l’ULB/Université Saint-Louis, l’ULg, l’UMons et l’Université de Namur, les cinq pôles regrouperont les établissements d’enseignement supérieur basés dans une même zone géographique. Chacun des pôles sera ainsi organisé autour d’une université. Les hautes écoles, écoles supérieures des arts et établissements de promotion sociale graviteront également autour de ces cinq pôles, soit le Brabant wallon, Bruxelles, Liège-Luxembourg, le Hainaut et Namur. Ces derniers auront pour missions principales d’informer et d’orienter la communauté estudiantine, mais surtout de mettre à disposition des différents personnels et des étudiants des infrastructures et services communs aux établissements établis dans une même zone géographique.

3Trois zones académiques "interpôles".

C’est la grande nouveauté donc, trois zones centrées sur Liège-Namur-Luxembourg, Bruxelles-Brabant wallon, et le Hainaut viendront compléter la nouvelle structure. Elles seront essentiellement focalisées sur l’aide à la réussite et pourront rendre des avis sur les nouvelles habilitations dans l’enseignement supérieur de type court.

L’autre volet de la réforme relatif à la réorganisation des études et au statut de l’étudiant est également bouclé.

A présent, le ministre Marcourt entend entamer une concertation formelle avec les acteurs de terrain. Il espère revenir à la mi-mars avec leurs avis au gouvernement, pour un vote au Parlement à la rentrée académique prochaine. Si tout va bien...