Belgique

Recep Tayyip Erdogan a été réélu dès le premier tour dimanche pour un nouveau mandat aux pouvoirs renforcés. Après le dépouillement de plus de 99% des urnes, le Présient sortant recueillait 52,5% des suffrages. A l'étranger, le soutien au puissant chef d'État est encore plus prononcé avec 59,6% des votants favorables à sa réélection, avec toutefois des différences importantes entre pays.


Après le Liban, la Belgique pourrait de nouveau être le pays au monde, en ce compris la Turquie, où les électeurs turcs sont les plus favorables à Erdogan, soit une victoire d’environ 75% après dépouillement de plus de 80% des urnes. L’électorat turc est plus pro-AKP en Belgique qu’il ne l’est dans des pays comme l’Egypte ou l’Arabie saoudite, où les ressortissants turcs sont cependant moins nombreux. Paradoxalement, l’AKP fait un meilleur résultat en Belgique que dans la province d’Afyon, dans le centre de la Turquie, d’où est originaire une bonne partie de l’immigration turque dans notre pays. L’AKP y est crédité là de 55,4% des voix.

Alors que l’opposition contestait dimanche soir les chiffres d’Anadolu, les premiers chefs d’Etat félicitaient M. Erdogan pour sa victoire. Parmi eux, le président hongrois Viktor Orban, qui a été selon Ankara le premier dirigeant d’un pays de l’UE à saluer le président turc. Le président russe Vladimir Poutine a souligné lundi matin la « grande autorité politique et le soutien massif » dont bénéficie M.Erdogan. L’UE, a indiqué à Bruxelles sa haute-représentante Frederica Mogherini, attend la publication du rapport des observateurs de l’OSCE avant de faire une déclaration.

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Erdogan s’est déclaré vainqueur dès dimanche soir, peu avant 22 heures. Ce lundi matin, il a déclaré vouloir agir avec la force qui lui a été donnée par les électeurs. « La Turquie n’a pas de moment à perdre, nous le savons. Notre drapeau va flotter plus librement. La paix de chaque citoyen va avancer », a-t-il dit. Il a aussi promis de combattre « les organisations terroristes » et de « continuer le combat pour rendre les territoires syriens plus libres ».

De son côté, Muharem Ince a admis sa défaite en déclarant sur le coup de 11h. « J’en appelle à Erdogan, soyez le président de chacun. C’est mon attente. J’accepte le résultat des élections ». Le député a promis de poursuivre son combat au parlement. « Y a-t-il eu fraude ? Bien sûr. Y a-t-il eu fraude pour impacter 10% (des votes) ? Non », a-t-il ajouté.

La diaspora turque est divisée au point de voir des ressortissants basés aux États-Unis, en Espagne ou en Thaïlande lui accorder moins de 20% des votes, alors que, d'autre part, les Turcs de Belgique (74,5%), des Pays-Bas (72,8%) ou d'Allemagne (65%) ont largement marqué leur soutien à Erdogan. La proportion la plus importante vient du Liban, où 94% des votants ont déposé dans l'urne un suffrage en faveur du leader turc.