Les Wallons pour un fédéralisme à trois

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Elle affirme un fédéralisme fondé sur trois Régions et la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles à travers la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"L'équilibre institutionnel du fédéralisme belge s'appuie prioritairement sur trois Régions", dit le texte, affirmant la "solidarité entre la Région wallonne et la Région bruxelloise, particulièrement au travers d'une Fédération Wallonie-Bruxelles, actuellement assurée par la Communauté française, garante du destin commun des Wallons et des Bruxellois francophones par des liens institutionnels et fonctionnels forts".

La résolution établit par ailleurs une série de balises dans le cadre du débat communautaire: maintien de la solidarité interpersonnelle, par le biais de la sécurité sociale, et interrégionale, par le biais de la loi de financement, opposition à toute concurrence fiscale entre Régions ou à tout transfert de compétences qui ne s'accompagnerait pas des moyens adéquats, etc.

Le texte insiste en outre sur la nécessité de reconnaître la Région bruxelloise comme une Région à part entière et soutient l'élargissement de celle-ci ainsi qu'une ratification sans réserve et sans délai de la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales. Il défend la proposition visant à soumettre le contentieux administratif et linguistique dans les communes à facilités aux chambres bilingues du Conseil d'Etat. Il préconise également d'assurer aux Régions une représentation au sein des institutions fédérales lorsque les compétences de celles-ci les concernent directement.

Dans les couloirs du parlement, le ministre-président Rudy Demotte s'est réjoui du consensus auquel ont abouti le PS, le MR, le cdH et Ecolo. "C'est la première fois qu'une entité politique francophone définit aussi clairement un mandat de négociation", a-t-il expliqué.

Selon lui, il s'agit là d'une façon de renvoyer la balle du côté flamand après les déclarations des jours précédents et la proposition d'un dialogue de communauté à communauté. "On dit 'chiche' mais voilà ce que nous pensons", a-t-il souligné. Dans cet esprit, il voit d'ailleurs ce dialogue chapeauté par un comité de pilotage où l'on retrouverait les ministres-présidents flamand, wallon/francophone et Bruxellois, en l'occurence, Kris Peeters, Rudy Demotte et Charles Picqué.

Au cours du débat, les députés Serge Kubla (MR) et Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), qui comptent parmi les initiateurs de la proposition, n'ont pas manqué d'évoquer le parallélisme entre le texte wallon et les résolutions flamandes de 1999.

"Ce n'est désormais plus une originalité parlementaire flamande et ce n'est surtout pas un luxe dans le contexte de la crise persistante", a souligné M. Van Cauwenberghe, insistant sur la consécration du fait régional: "nous avons pu rompre avec cette inexplicable pudibonderie institutionnelle pour produire, ensemble, un texte qui ose se dire wallon et qui affirme haut et fort le fait régional".

M. Kubla a en outre appelé les Francophones à dépasser le "petit ronron" actuel dans le débat sur le transfert de compétences. "J'ai le sentiment que, cette fois-ci, la détermination flamande est telle que, ou bien on en prend conscience et on la rencontre avec les balises que nous avons posées, ou il faut s'attendre à des lendemains difficiles et explosifs", a-t-il averti.

Dans les rangs cdH, l'on s'est montré beaucoup moins affirmatif sur le fait régional. Michel de Lamotte s'est attaché à rappeler l'existence de trois Communautés, qui ont chacune une identité linguistique et culturelle et constituent elles aussi un élément incontournable de la réalité belge. Peu importe, à ses yeux, que l'on parle de Communauté française ou de Fédération Wallonie-Bruxelles. "Du moment que celle-ci recouvre dans les faits un concept identique, regroupant dans une même structure unifiée cette réalité incontestable qui est l'existence bien concrète d'un espace sociologique, culturel, social, économique et politique qui unit tous les Francophones, de Bruxelles comme de Wallonie", a-t-il fait remarquer.

Sur les bancs Ecolo, Bernard Wesphael s'est félicité d'un texte qui ne jetait pas de l'huile sur le feu tout en présentant des revendications fortes et légitimes. Il a aussi rappelé les dernières lignes de la résolution: elles insistent sur la seconde phase des travaux wallons en la matière qui porteront sur l'instauration d'une circonscription électorale à l'échelle régionale et simplification des structures publiques.

Un passage évoque la "place importante de la Communauté germanophone" dans la Région wallonne. Une députée germanophone, Monika Dethier (Ecolo) a regretté de ne pouvoir s'exprimer sur la question. Selon elle, il était indispensable d'affirmer la place de cette Communauté au même niveau que les autres entités fédérées.

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