Belgique

Pour le député MR, "Amnesty a pu contribuer à faire libérer un individu dangereux, déjà radicalisé".

Ce dimanche, Amnesty International expliquait avoir mené une action en 2010 pour le droit à la santé d'Oussama Atar et non pour sa libération. Il s'agit d'un ancien détenu belge en Irak (libéré en 2012) qui est aujourd'hui activement recherché par la police belge dans le cadre d'une enquête anti-terroriste.

Suite à la déclaration de l'ONG, le député bruxellois Alain Destexhe demande que toute la lumière soit faite sur le rôle d'Amnesty International et celui des députés Zoé Genot (Ecolo), Jamal Ikazban (PS) et Ahmed El Khannouss (CdH) dans cette libération. Il souhaite que la Commission d'enquête sur les attentats mène l'enquête.

L'homme a été libéré en 2012 après dix années de détention en Irak. La raison? Un état de santé médiocre. A l'époque, il avait été condamné pour "absence de papiers en ordre". Oussama Atar est par ailleurs le cousin des frères Khalid et Ibrahim El Bakraoui, deux auteurs des attentats du 22 mars à Bruxelles. Des ONG et des responsables politiques s'étaient mobilisés pour dénoncer ses conditions de détention. "Aujourd’hui, il s’avère que le scénario le plus vraisemblable est une manipulation orchestrée par l’intéressé, sans doute avec l’aide de sa famille, pour obtenir sa libération. Les raisons médicales évoquées à l’époque (une tumeur du rein qui menaçait sa vie et nécessitait une opération (« dans les 15 jours » selon Amnesty) étaient très probablement erronées", affirme Alain Destexhe dans son communiqué. "La réaction hier d’Amnesty International est empreinte d’hypocrisie. Dans le contexte de l’époque et celui des prisons irakiennes, demander qu’il puisse être soigné pour une tumeur du rein revenait – évidemment – à ce qu’il soit libéré", dénonce-t-il.


"Plaider pour la libération d'un terroriste est un non-sens" selon le député Metsu (N-VA)

Le député Koen Metsu (N-VA) a exprimé son incompréhension après les révélations relatives aux soutiens politiques dont a bénéficié le présumé terroriste Oussama Atar pour être libéré de sa geôle irakienne en 2010. "La commission sur la lutte contre le terrorisme a voté de nombreuses nouvelles initiatives et continuera à soutenir les bonnes propositions législatives. Il s'avère cependant parfois que l'on a totalement négligé certains dangers potentiels par le passé. Nous devons donc tout recommencer à partir d'une feuille blanche", déplore le président de la commission. 

Koen Metsu estime aujourd'hui que cette libération est hallucinante. "Des politiciens belges ont laissé un dangereux terroriste être libéré. Les personnes qui ont effectué un choix aussi irresponsable il y a dix ans, devront personnellement répondre de leurs actes. Je compte bien faire toute la lumière là dessus."