Belgique

Pouvait-on imaginer que Benjamin Herman frappe à Liège, dans ce qui présente toutes les apparences d’une attaque terroriste ? A entendre le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), qui s’exprimait avant un Conseil national de sécurité, la réponse est clairement non.

Benjamin Herman était en congé pénitentiaire depuis lundi. Il devait rentrer à la prison de Marche-en-Famenne ce mardi. "Il avait déjà bénéficié de onze autorisations de sortie d’un jour et de treize congés pénitentiaires de deux jours qui s’étaient bien déroulés, il était donc difficile de prévoir que cela se passerait mal la quatorzième fois, a affirmé Koen Geens, à son arrivée au Conseil national de sécurité.

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), a abondé dans le même sens, soulignant "que ce genre de décision n’était pas prise à la légère et qu’il n’y avait dès lors pas lieu d’évoquer une erreur".

Charles Michel a de son côté précisé que le nom de Benjamin Herman était apparu dans deux rapports de la Sûreté de l’Etat et un de la police, lié à la radicalisation en prison, mais de manière indirecte.

Un très lourd passé judiciaire

Benjamin Herman, né le 12 janvier 1982 à Rochefort, a un lourd passé de délinquant. Tout comme son frère, de trois ans son cadet, il était considéré comme très instable et pouvant être extrêmement violent.

Un détenu, qui l’a encore fréquenté il y a quelques jours à la prison de Marche-en-Famenne avant sa sortie de 36 heures lundi, a indiqué, dans une interview à la RTBF, qu’il avait eu récemment des problèmes en prison.

Toxicomane, Benjamin Herman a fait de très nombreux séjours en prison depuis 2003. Il y a purgé plusieurs peines de prison pour vols avec violence, infractions aux lois sur les stupéfiants, coups et blessures, vandalisme ou encore incendie volontaire.

Le congé pénitentiaire qui lui avait été accordé lundi s’inscrivait dans la préparation d’une sortie de prison en fin de peine à l’horizon 2020.

Il semble bien qu’avant de frapper mardi à Liège, Benjamin Herman a fait une autre victime lundi soir à On, petit village de l’entité de Marche-en-Famenne situé à mi-distance entre Marche (7 km) et Rochefort (6 km).

Il s’est rendu lundi soir dans une cité d’habitations sociales à On pour y rencontrer Michael Wilmet, un homme connu notamment des autorités judiciaires pour des faits liés à la toxicomanie.

Dans le courant de la nuit, deux ou trois hommes ont commis un braquage dans une bijouterie de Rochefort. Les auteurs ont pris la fuite. Les services de police tentent de déterminer si Michael Wilmet et Benjamin Herman pourraient être les auteurs. A ce stade, les autorités judiciaires et policières se gardent de tout rapprochement.

Dans la nuit de lundi à mardi, Benjamin Herman était en tout cas à On. Des témoins l’ont vu quitter précipitamment l’habitation de Michael Wilmet.

Mardi, peu après 6 h, Michael Wilmet a été retrouvé mort chez lui. Cet homme, âgé d’une trentaine d’années, baignait dans une mare de sang. Son visage, marqué par des coups, sans doute de marteau, était méconnaissable. Benjamin Herman pourrait l’avoir tué. Mais c’est un pas que ne franchissent pas encore les autorités judiciaires. Un autre élément rapproche toutefois Benjamin Herman de la mort de cet homme. Un marteau a été retrouvé parmi les objets qu’il avait emportés à Liège.