Belgique

Le créateur du logo du Théâtre de Liège, Olivier Debie, ainsi que le directeur de l'établissement, envisagent sérieusement de porter plainte pour plagiat contre le comité organisateur des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, a indiqué jeudi le graphiste contacté par l'agence Belga. La semaine dernière, l'emblème des JO de Tokyo a été officiellement présenté: un T (pour Tokyo, Tomorrow et Team), ressemblant étrangement à celui du Théâtre liégeois. "C'est impossible à prouver s'il y a plagiat. Peut-être que le créateur japonais (Kenjiro Sano) a imaginé un logo semblable sans s'en rendre compte... même si la similitude du tracé sur base géométrique identique est flagrante... et avec la même typographie imposée a l'époque par le Théâtre de Liège", explique dubitativement Olivier Debie qui a pris contact avec un avocat.

Le comité organisateur de Tokyo 2020 a réagi dans un communiqué insistant sur le fait que le design avait fait l'objet de minutieuses vérifications, à l'étranger notamment, avant d'être sélectionné et révélé, grâce à une procédure transparente, rapportent plusieurs médias internationaux.

Le graphiste, qui précise n'avoir été en contact avec aucun membre du comité organisateur des JO au préalable, envisage très sérieusement de porter plainte contre le comité organisateur, en commun avec le directeur du Théâtre de Liège selon qui la similitude entre les deux logos porte un préjudice commercial à son établissement. Celui-ci entretient en effet de nombreux échanges avec des institutions culturelles d'autres pays, a encore ajouté Olivier Debie.

Le logo belge a été officialisé en 2013 mais créé fin 2011 en vue du concours organisé par le Théâtre de Liège.

Jeudi en fin d'après-midi, Me Berenboom, le conseil du directeur du Théâtre de Liège, a précisé qu'il agirait de commun accord avec Me Mottard, avocat de Olivier Debie. Dans un premier temps, vendredi, ils saisiront le comité olympique international ainsi que le comité olympique japonais afin de leur signaler qu'un "plagiat -une véritable appropriation du logo- a été commis par le graphiste nippon".

"Le logo liégeois circule sur internet et s'est retrouvé à plusieurs reprises sur des sites d'associations de graphistes de plusieurs pays. La coïncidence serait d'autant plus grande que la police de caractère des deux logos font partie de la même famille", souligne Me Berenboom.

Les avocats attendront une réaction de la part des deux comités, sans quoi ils aviseront sur les recours juridiques à introduire. "Nous avons tous les éléments pour affirmer qu'il y a violation aux droits d'auteur", a encore affirmé Alain Berenboom.