Belgique

Benoît Lutgen cultive la rareté de ses interventions médiatiques. Un peu pour se faire désirer, sans doute. Surtout parce qu’il a les mains dans le moteur de son parti depuis des mois, assure-t-on dans son entourage. Avec un objectif : préparer les élections communales du mois d’octobre. Ce samedi à Marche, un congrès était organisé dans ce but précis. Programmatique, l’événement entendait lancer les troupes humanistes (vers la victoire ?) dans la campagne. Benoît Lutgen expose pour "La Libre" les priorités du CDH pour ces élections locales, primordiales pour la bonne santé d’un parti politique. "Il faut créer de l’avenir", lance le président centriste.

Une formule très "CDH" qui veut dire ceci : "Utiliser le levier local pour amener les jeunes à prendre leurs responsabilités." Pour le CDH la commune doit contribuer à la prospérité des ses habitants dans le cadre d’un "développement humain et durable", d’une réflexion sur une "croissance intelligente" et du respect de la nature. Pour tout cela, il va falloir que les localités wallonnes et bruxelloises misent sur la "valeur travail" afin de porter les "projets de vie" des citoyens, estime Benoît Lutgen.

Voilà pour le cadre. Passons aux axes que le parti orange entend défendre dans ses programmes locaux. Ceux-ci devront d’abord puiser dans un levier communal très important, celui des investissements. Plusieurs milliards d’euros sont dédiés à l’investissement dans les communes, dit Benoît Lutgen. Une manne financière qu’il s’agit d’utiliser "parfaitement", préconise-t-il encore en prônant une "chasse au gaspi et aux doublons". Ces investissements doivent être prioritairement orientés vers l’emploi, veut aussi le CDH. Afin de favoriser l’acceuil des investisseurs et de mettre les acteurs locaux en contact. Le développement des bourses à l’emploi dans les communes wallonnes est ainsi souhaité.

La sécurité est un des autres thèmes que les humanistes veulent mettre en avant. En ligne de mire, la sanction rapide des incivilités, comme les actes de délinquance, notamment grâce aux législations wallonnes élargissant les compétences des agents "sanctionnateurs". Le CDH veut enfin promouvoir une sorte de "vivre ensemble" en aiguillant les politiques communales de l’enseignement vers des projets visant à rapprocher les jeunes des seniors. L’entraide entre les générations est au cœur du projet humaniste. Benoît Lutgen veut mettre l’accent sur la bonne gouvernance. Il y a quantité d’économies à faire, notamment en associant les communes qui auraient des besoins similaires. Et pas question de nouvelles intercommunales. Mais de simples conventions entre communes.

"L’échevin des Travaux public devrait aussi être échevin de la Sécurité routière", plaide encore Benoît Lutgen pour qui les opérations d’aménagement de voiries doivent être organisées en fonction d’impératifs de sécurité. Soit d’abord là où les accidents sont nombreux. Il s’en expliquera ce week-end à Marche.

Sur les plans politique et stratégique, le président du CDH ne se lance pas volontiers. Il souligne le travail de son parti à Charleroi - où il n’adresse aucun message particulier au socialiste Paul Magnette, toujours tête de liste incertaine -, à Namur ou à Huy. Interrogé sur les objectifs de son parti pour ces élections, il ne va pas au-delà d’un "les résultats risquent de livrer quelques surprises". Les surprises sont parfois bonnes, parfois mauvaises, n’est-ce pas ?